Sindarin Text by Didier Willis

Fragment de Prose Sindarin

par Didier Willis

 

 

 

Ce fragment de prose fut d'abord publié sur l' ELFLING list le 28 juillet 2000. Pour une autre composition (ma traduction du Serment de Cirion en Sindarin), voir ici. Je veux remercier Helge Fauskanger, Javier Lorenzo et David Salo pour leurs commentaire et leurs suggestions, et Ryszard Derdzinski pour leur proposition de publier ce texte ici. Dans le cas où vous vous les demandiez, ce texte n'est pas adressé à quelqu'un en particulier. Dison que c'est juste un exercice de style ;-)

 

Lathron ben ned eryn, glamor uin galan ir govannem. An uir aewath linnathar a chervess olthad nîn : he bada min nadhras galen a parth lothen. Trevódiel orath drestennin, broniannem lennath dhuir a charnath arnediad. A Elleth ivorcheneb, dartho, ú-aníron cuinad ereb. Avo awartho nin, annathon le chên, a mar mhilui. Gweston le, meleth ú-thinnatha a harthad edlothiatha adwain. Avo doltho mhorn, melethril nîn.

 

 

"J'entends quelqu'un dans les bois, un écho du jour où nous nous sommes rencontrés. Les oiseaux chanteront pour toujours pour le Dame de mes rêves: elle marche entre les pâtures vertes et les champs fleuris. Ayant traversé des jours troublés, nous avons enduré de sombres voyages et des blessures innombrables. O jeune fille elfique avec des yeux de cristal, attends, je ne veux pas vivre seul. Ne m'abandonne pas, je te donnerai un enfant, et un foyer amical. Je te jure, [que]l'amour ne s'estompera pas et [que]l'espoir fleurira à nouveau. Ne convoques pas la nuit, mon amour."

 

 

 

 

Traduction Interlinéaire:

[Les mutations sont enlevée mais marquées avec un signe ° pour la clarté]

 

Lathron °pen ned eryn,
   J'entends quelqu'un dans les bois,
glamor uin galan ir govannem .
   un écho du jour où nous nous sommes rencontrés.
An uir aewath linnathar a °hervess olthad nîn.
   Pour l'éternité les oiseaux chanteront pour la dame de mes rêves,
He °pada min nadhras °calen a parth lothen
   Elle marche entre les verts pâturages et les champs fleuris.
Trevódiel orath °trestennin,
   Ayant traversé des jours troublés,
broniannem lennath °duir a °harnath arnediad.
   nous avons enduré des voyages sombres et des blessures innombrables.
A Elleth ivorcheneb, dartho, ú-aníron cuinad ereb.
   O Jeune fille Elfique aux yeux de cristal, attends, je ne veux pas vivre seul.
Avo awartho nin, annathon le °hênn a °bar °milui.
   Ne m'abandonne pas, je te donnerai un enfant, et un foyer amical.
Gweston le, meleth ú-thinnatha
    je te jure, que l'amour ne s'estompera pas
a harthad edlothiatha adwain.
    et que l'espoir fleurira de nouveau.
Avo °toltho °morn, melethril nîn
   Ne convoques pas la nuit, mon amour.

 

Notes ( commentaires selectionnés)

 

LIGNE 1 :
lathra- « écouter, écouter clandestinement » (Ety/368), ici avec un affixe pronominal 1ère pers. ; pen (lénifié °ben) « quelqu'un » (WJ/376) ; ned « dans » (SD/129-31) ; eryn « bois » (UT/436, LotR/B)

 

LIGNE 2:
glamor « écho » (Ety/358) ; uin « de » (SD/129-31) ; govad- « rencontrer » (Letters/308), ici au passé, avec la affixe pronominal 1ère pers. pluriel  ; ir « *quand » est attesté mais non traduit, dans le poème révisé de Lúthien (LB/354). Quelques personnes ont tenté de le lire comme équivalent du Q. íre (LR/72). En regardant alan, Helge Fauskanger commenta : « le mot aur est en Sindarin un jour de 24 heures, consistant en un fuin (nuit) et un calan (jour, signifiant la période de jour réel). Peut-être que vous voudriez calan ici? Combiné avec o ou uin, nous aurions o chalan ou uin galan, respectivement. Glamor uin galan ir govannem... jolie alitération. ». Bien que je n'écrive pas de la poésie, je suivrai la suggestion d'Helge et retiendrai cette jolie alitération.

 

LIGNE 4:
pada- « marcher » est reconstruit à partir de Aphadon (< *ap-pata, WJ/387), et est lénifié en °bada immediatement aproès le sujet (voir VT n°41, p. 11 et la note 4, p. 15) ; min « entre » est déduit de Minhiriath (« *entre les rivières »).

 

LIGNE 5:
trevad- « traverser » (Ety/352) ; orath pluriel collectif de aur « jour » ; trasta- « harceler, troubler » (Ety/391).

 

LIGNE 6:
lennath pluriel collectif de lend (lenn-) « voyages », mot hypothétique déduit de lembas (< *lenn-mbas, PM/404).

 

LIGNE 7:
ivorcheneb « aux yeux de cristal » est un adjectif que j'ai créé, de *ivor + heneb « avec des yeux ». Le premier mot est déduit du nom non-traduit Ivorwen et aussi de l'adjectif non-traduit (et hypothétique) *ivren pl. ivrin, seen in Eithil Ivrin (WJ/85). Comme suggéré par by David Salo, la signification de Ivrin (si il a réellement une signification) serait « de cristal », cf. la description de Eithel Eivrin dans les Lays of Beleriand. David remarqua aussi: « Il apparait aussi dans le nom Faelivrin 'brilliance de Ivrin'. Mes hypothèses suggèrent que ivor vient du plus vieux *ivr, *imhr, et dernièrement de quelque chose comme *imrê, en relation avec Q. míre 'joyau'. La racine serait MIR » I-MIR, cf. SOT » O-SOT » Q. osto, S. ost 'ville, cité', ou KOT » O-KOT » Q. ohta, S. auth 'bataille' ; c'est apparemment une syncope en Eldarin Commun, antidatant la syncope générale dans presque tous les mots Quenya. (Cf. Q. carne avec S. caran 'rouge'). »
J'avais mis initialement « Je vivrai pas seul » avec un simple futura simple futur, ú-guinathon ereb. Helge Fauskanger : « cela peut être vu plutôt comme une déclaration: C'est présenté comme un fait que "je ne vais pas vivre seul". Ceci peut être vu comme une menace par le jeune fille Elfique: Si tu n'es pas ma femmem j'en trouverai une autre! Mais la signification réelle est certainement "Je ne veux pas vivre seul": ú-aníron cuinad ereb. »

 

LIGNE 8 et 11:
Le digraphe /mh/ est utilisé dans les mutations de milui et morn, au lieu du /v/ régulier.

 

LIGNE 10:
edlothia- « fleurir, lit. éclore » n'est pas attesté, mais est dérivé du mot non-traduit edlothiand dans un brouillon (WR/293). La signification serait vraisemblablement convenir. David Salo mentionna qu'il était capable de voir le texte original dans Marquette : « ma lecture est sans erreur edlothiad, ex. un simple gérondif. » ; adwain « de nouveau » est un mot créé de ad- + *gwain « re-nouveau ». La dernière racine est déduite de S. Narwain, Q. Narvinye.

 

 

page principale