Dans
le second chapitre du Silmarillion nous apprenons qu'aussitôt
que Aulë eût créé les Sept Pères des Nains, il "commença à instruire
les Nains dans la langue qu'il avait inventé pour eux". Le propre
nom pour leur langage était Khuzdul, ce qui est évidemment simplement
le "Dwarvish ou Nanique", les Nains se nommant eux-mêmes Khazâd
(singulier Khuzd). Nous lisons que "selon leurs légendes
leur créateur, Aulë le Vala, avait fait cette [langue] pour eux et l'avait
enseignée aux Sept Pères avant qu'ils soient plongés dans le sommeil
jusqu'à ce que vienne le moment de leur réveil. Après leur réveil, ce
langage (comme tous les langages et toutes les autres choses à Arda)
changea au cours du temps, et de manière divergente dans les résidences éloignées. Mais le changement fut si lent
et la divergence si petite que même au Troisième Age, converser entre
Nains dans leur propre langue était aisé. Comme ils le disaient, le
changement en Khuzdul comparé à la langue des Elfes, et encore plus
avec celle des Hommes, était 'comme l’usure du rocher comparé à la fonte
de la neige' " (PM:323).
Pengolodh
commente aussi "la tradition qu'ils ont...que Aule créa pour eux
leur langue dans son commencement, et donc elle changea peu" (WJ:402).
En revanche, un langage gestuel que les Nains avaient créé pour eux-mêmes,
appelé iglishmêk, changea davantage.
Bien
que bien préservé, le Khuzdul était rarement appris par d'autres que
les Nains eux-mêmes. Des légendes tardives disaient que à Valinor, Aulë
avait consulté Fëanor concernant le langage qu'il avait fait pour les
Nains, mais Tolkien nota que ceci ne fut pas nécessairement vrai; peut-être
que cela était juste une histoire due à la célébrité de Fëanor (VT39:10).
En Terre-du-Milieu, les Elfes n'étaient pas particulièrement intéressés
par le Nanique, et ils ne l’avaient pas en haute estime: "Ils ne
pouvaient comprendre aucun mot de la langue des Naugrim [Nains], qui
était pesante et laide à leur oreilles; et fort peu d'Eldar ont jamais
acquis sa maîtrise" (Silmarillon ch. 10). Même Tolkien lui-même
établit comme un fait que "le Nanique était à la fois compliqué
et cacophonique. Même les premiers philologues elfiques l’évitaient
" (Letters:31).
Mais
même quand quelqu'un voulait réellement apprendre le Khuzdul, les Nains
eux-mêmes étaient très réticents à l'enseigner. Leur propre langage
était "un secret qu’ils ne révélaient pas volontiers, même pour
leurs amis" (Appendice F du SdA). Une théorie est qu'ils ressentaient
le fait que le Khuzdul appartenait exclusivement à leur propre race,
et que personne d'autre n'avait le droit de la comprendre. Quand ils
voulaient communiquer avec d'autres races, habituellement pour des raisons
commerciales, ils préféraient apprendre le langage des autres plutôt
que de leur enseigner le Khuzdul – même s'ils avaient la volonté de
l'apprendre.
Seulement
deux ou trois fois au cours des longs âges de la Terre-du-Milieu les Nains enseignèrent volontairement
leur langue à des gens de peuples étrangers. Au Premier Age, quand la
Maison de Hador vint pour la première fois en Beleriand
de l’Est et rencontrèrent les Longues Barbes, une amitié spéciale naquit
entre les deux races parce que ces Hommes, étant des cavaliers habiles,
pouvaient offrir aux Nains une certaine protection contre les Orcs.
Donc les Nains en réalité "n'avaient rien contre le fait d'enseigner
leur propre langue aux Hommes avec qui ils avaient une amitié spéciale,
mais les Hommes la trouvaient difficile et étaient lents à apprendre
plus que quelques mots isolés, qu'ils
prirent et adaptèrent dans leur propre langage." (PM:303; cependant,
il semble que le Khuzdul ait influencé la structure basique même de
l'Adûnaic,
un langage qui descendait de la langue des anciens Edain.)

L'intérêt
Elfique pour le Khuzdul fut lent au Premier Age, mais il y avait au
moins une exception: "Curufin fut le plus intéressé par le langage
étranger des Nains, étant le seul des
Ñoldor à gagner leur amitié. C'est de lui que les maîtres du
Savoir ont obtenu la connaissance qu'ils avaient du Khuzdûl." (PM:358)
Au moins un mot Khuzdul fit son chemin en Sindarin: kheled"verre",
qui apparaît en Gris-Elfique comme heledh (voir l'Appendice du
Silmarillion, entrée khelek-). Le mot Khuzdul Khazâd,
"Nains", fut adapté en Quenya comme Casar "Nain"
et en Sindarin comme Hadhod (la race Nanique étant appelée Hadhodrim,
WJ:388). Inversement, les Nains semblent avoir emprunté au moins un
mot au Sindarin: kibil"argent" doit être relié au Gris-Elfique
celeb.
Beaucoup
plus tard, au Second Age, les Nains avec réticence permirent à quelques
Elfes d'apprendre un peu de Khuzdul purement dans l'intérêt de la science:
"Ils comprenaient et respectaient le désir désintéressé de connaissance,
et quelques derniers maîtres du savoir Ñoldorin furent autorisés à apprendre
assez de leur lambe (aglâb) ["langue"
en Quenya et Khuzdul] et de leur iglishmêk [code gestuel] pour
comprendre leurs systèmes." Pengolodh le Maître du Savoir de est
censé "pour un moment avoir habité parmi les Nains de Casarrondo
(Khazad-dûm)" (WJ:395, 396). Ces derniers maîtres du savoir évidemment
avaient une attitude moins arrogante que leurs collègues de l'âge précédent,
qui à l'exception de Curufin avaient délibérément « évincé »
le Khuzdul (Letters:31).
Sur
un point cependant, les Nains furent toujours "rigidement secrets…
Pour des raisons que ni les Elfes ni les Homme ne comprirent jamais
complètement, ils ne révélaient jamais leurs noms personnels aux gens
d'autre sorte, ni plus tard quand ils acquirent les arts de l'écriture
ne leur permirent d'être écrits ou gravés. Ils prirent donc des noms
par lesquels ils pouvaient être connus de leurs alliés dans des formes
Humaines. (PM:304) Appendice F dans le SdA confirme ceci: "Leur
propres noms secrets et 'intimes', leurs vrais noms, les Nains ne le
révélaient jamais à personne de race étrangère. Même pas sur leur tombe
ils ne les inscrivaient". D'où les noms de Balin et Fundin, qui
apparaissent dans un contexte Khuzdul sur la dalle de la tombe de Balin,
ne sont pas eux-mêmes Khuzdul. Ce sont des noms Humains, simplement
les noms de substitution Balin et de son père Fundin utilisé quand les
non-Nains étaient présents.
Dans
le chapitre 20 du Silmarillion, on nous donne un nom Nanique, Azaghâl,
le nom du Seigneur Nains de Belegost. Peut-être que c'est un titre ou
un surnom plutôt que son vrai "nom intime". Il a été suggéré
qu'il signifiait "guerrier", étant apparenté au verbe Núménoréen
azgarâ- "faire la guerre" (SD:439). Il y a aussi le nom
Gamil Zirak, le nom d'un forgeron Nain, maître de Telchar de
Nogrod (UT:76). Peut-être que ceci est juste un surnom, ou que son nom
avait échappé par accident vers les non-Nains, à son grand et durable
regret. D'un autre côté, les Petits Nains évidemment ne tentèrent pas
de cacher leurs noms Khuzdul. Dans le chapitre 21 du Silmarillion,
le Petit-Nain Mîm dit facilement à Túrin non seulement son propre nom,
mais aussi les noms de ses fils Khîm et Ibun. Peut-être qu'une telle
indiscrétion choquante était une des choses pour lesquelles les Nains
normaux haïssaient les Petits-Nains.
Cependant,
les Nains ne trouvaient pas impropre de révéler les noms d'endroits. Gimli de sa propre initiative dit à la Communauté que
les Nains appelaient les montagnes au-dessus de la Moria et la Moria elle-même: "Je les
connais elles et leurs noms, parce que sous elles s'étend Khazad-dûm,
le Cavenain... Là-bas il y a Barazinbar,
la Corne Rouge (Rubicorne)...et
au-delà il y a Silvertine et
Tête Nuageuse:...ce que nous appelons Zirakzigil et Bundushathûr."
(SdA1/II ch. 5) Les Nains n'étaient pas nécessairement offensés si d'autres
connaissaient quelques noms d'endroit en Khuzdul.
Quand
Gimli vint en Lórien, toujours fâché à cause des Elfes qui lui avaient
demandé d'avoir les yeux bandés, Galadriel
lui dit: "Sombre est l'eau de Kheled-zâram, et froides sont les
sources de Kibil-nâla, et belles étaient les salles aux nombreux pilliers
de Khazad-dûm dans les Jours Anciens avant la chute de rois puissants
sous la pierre." On nous a dit que "le Nain, en entendant
les noms donnés dans sa propre langue ancienne, leva la tête et rencontra
ses yeux; et il lui sembla qu'il regardait soudainement dans le cœur
d'un ennemi et qu'il y vit amour et compréhension. L’émerveillement
se lut sur son visage, et puis il sourit en guise de réponse" (SdA1/II
ch. 7). Ainsi Gimli perçut l'utilisation des anciens noms Khuzdul par
Galdriel comme un geste amical. (Inversement: En retournant au Premier
Age, le Petit Nain Mîm dit de la colline où il vivait que "Amon
Rûdh est le nom que porte cette colline, depuis que les Elfes changèrent
tous les noms" – suggérant que ceci l'irritait. L'ancien nom Nanique
de la colline était Sharbhund.)

HISTOIRE
EXTERNE
Concernant
le Khuzdul, Tolkien dit que "cette langue a été esquissée avec pas mal de détails de structure, même s’il n’y avait qu’un petit vocabulaire" (PM:300).
Cela fut créé àvidemment dans les années trente. Les noms Khuzdul
Khazaddûm et Gabilgathol apparurent
dans une première version du Silmarillion; voir LR:274.
Ici nous trouvons aussi Khuzûdcomme nom des Nains pour leur propre
race, changé plus tard en Khazâd. Le nom Khazaddûmque
Tolkien appliqua d'abord à Nogrod, non à la Moria. Christopher
Tolkien commente: "Khazaddûm et la première occurrence du
célèbre nom. Il est intéressant d'observer qu'il existait – mais comme
nom Nanique de Nogrod - déjà en ce temps là. Plus tard, le nom Nanique
de Nogrod fût Tumunzahar... Gabilgathol, maintenant apparaissant
pour la première fois comme nom Nanique de Belegost." (LR:278)
LA STRUCTURE DU KHUZDUL
On
nous a dit du langage Nanique qu'il "différait structurellement
et grammaticalement largement des autres langages de l'Ouest en ce temps-là
" (PM:316-317). Il semble que c'est en rapport avec la proverbiale
"difficulté du langage", comme beaucoup d'Occidentaux le pensent
du chinois aujourd'hui.
La
phonologie était par certains aspects étranges
comparé aux autres langages contemporains. Il y avait au moins
deux consonnes aspirées, kh et th, c'est-à-dire, k
et t suivis de h. (Notez que khet thne
désignent pas ici le son allemand ach et th comme en anglais
thin, comme ces digraphes le font souvent dans l'orthographe
de Tolkien.) Le k et le tinitiaux anglais
sont aussi aspirés, mais probablement pas autant qu'en
Khuzdul. Le Khuzdul possède aussi des consonnes non aspirées,
comme le ket le t français
et russe, mais contrairement à la situation en anglais, français
et russe, le k et le t Khuzdul sont des phonèmes de plein
droit, qui doivent être distingués du khet du th. Comme
nous connaissons très peu de mots Khuzdul, il n’est pas surprenant d'avoir
des paires minimales, mais kvs. khet tvs. thsont
vues contraster initialement: Kibil-nâlavs. Khazad-dûmet
Tumunzaharvs. Tharkûn. D'autres consonnes incluent des
occlusives vocalisées b, d, et g, des spirantes
muettes f, s, et sh, des spirantes vocalisées z
et gh (à moins que la dernière combinaison de lettres ne soit en réalité
g + h), la latérale l, la vibrante r (quelques
Nains utilisaient un R uvulaire, d'autres évidemment un R roulé), les
nasales n t m, la glottale h, et une semi-voyelle
y. Il y avait aussi une occlusive glottale, mais ce n'était peut-être
pas un phonème séparé, juste un son faible qui était préfixé aux mots
avec une voyelle initiale (voir ci-dessous).
La
table des runes (Angerthas Moria) dans l'Appendice D du SdA inclue
deux lettres qui sont transcrites ps et ts; il est dit
que ces runes étaient utilisées seulement par les Nains. Est-ce un indice
que ces sons étaient d’une façon ou d’une autre significatifs en
Khuzdul, peut-être même en fonctionnant comme des phonèmes de plein
droit?
Selon VT48:24, le Khuzdul ne tolère par "deux
consonnes initiales". Tous les mots doivent commencer par une unique
consonne (ou par une voyelle). D'un autre côté, les groupes consonantiques
peuvent apparaître à la fin des mots, comme dans Rukhs "Orc".
Si
quelques consonnes était quelque peu étrange, le système de voyelles
était joliment ordinaire. Le voyelles courtes semblent former un système
classique de cinq voyelles, a, e, i, o,
u, et elles sont toutes attestées aussi comme voyelles longues
â, ê, î, ô et û. Selon
les notes de Tolkien sur les runes Angerthas, le réduction de
voyelles comme celles entendues dans butter étaient aussi communes
(et écrites en runes seulement utilisées par les Nains). Cependant,
de telles voyelles ne sont pas directement attestées (sauf quelques
u et e représentent
de telles voyelles). Des longues voyelles peuvent être raccourcies quand
elles ne sont pas accentuées (?), comparez Khazâd avec Khazad-dûm.
(En réalité nous ne connaissons rien sur la manière dont les mots Khuzdul
sont accentués; voir, cependant, l'entrée salôn dans la liste
de mots ci-dessous pour une possible nuance.) Il se peut aussi que les
longues voyelles doivent être raccourcies avant un groupe consonantique;
ûl "courants" devient -ul- dans le nom Azanulbizar.
La
structure basique du Khuzdul ressemble aux langues sémitiques, comme
l'arabe et l'hébreu. Les racines à partir desquelles ces mots sont dérivés
ne sont pas prononçables par eux-mêmes, mais se composent de consonnes
seulement. Des noms, des verbes, des adjectifs etc. ne sont pas dérivés
seulement par des préfixes et des suffixes (si de tels dispositifs sont
utilisés), mais aussi en insérant certaines voyelles entre ces consonnes,
quelques fois aussi en doublant une des consonnes. Souvent les mots
sont en réalité infléchis par des changements de voyelles internes au
lieu d'ajouter des affixes: Rukhs signifie "Orc", mais
le pluriel "Orcs" est Rakhâs. Les consonnes radicales
restent les mêmes, comme *R-Kh-S dans ce cas. En Khuzdul ainsi
que dans les langages sémitiques, il y a habituellement trois consonnes
radicales dans la racine; plusieurs racines sont mentionnées dans TI:174
et RS:466: B-R-Z "rouge", B-N-D "tête",
K-B-L "argent", N-R-G "noir". Un exemple
de racine biconsonantique est Z-N "sombre, obscur"
(RS:466).
Evidemment des voyelles seront ajoutées quand les racines consonantiques
apparaissent comme mots réels, ex. baraz "rouge" ou
bund "tête" à partir de B-R-Z, B-N-D.
Les consonnes radicales *Kh-Z-D contiennent l'idée générale de
"nanicité" et peuvent être observées dans des mots comme Khuzd,
Khazâd "Nain, Nains" et Khuzdul "Nanique".
Les mêmes consonnes radicales *Kh-Z-D sont évidemment présentes
dans l'ancien nom Khuzdul de Nargothrond, Nulukkhizdîn, mais
la signification précise de ce nom est inconnue (notez que Nulukkizdîn
dans le Silmarillion ch. 21 est une mauvaise orthographe;
voir WJ:180). La signification la plus basique de Kh-Z-D peut
avoir quelque chose à voir avec le nombre "sept", comparez
l'Adûnaic hazid de même signification (SD:428). Les Nains étaient
descendus de Sept Pères et furent divisés en Sept Familles– et comme
nous le savons, les nains (sic!) sont toujours associés avec le chiffre
sept même dans une mythologie humaine infantile et très récente.
Le
mot uzn "obscurité" fournit un exemple de la manière
dont une racine biconsonantique (ici Z-N) est traitée. Ce mot
est apparemment formé selon le même modèle que bund ou Khuzd,
mais il n'y a pas de consonne initiale. L'Appendice E du SdA se réfère
au "le commencement clair ou glottal d’un mot avec une voyelle
initiale qui apparaît en Khuzdul": Il se peut alors qu'une occlusive
glottale fasse office de consonne initiale dans un mot d’une
telle forme. L’occlusive glottale est apparemment pas représentée dans
la transcription de Tolkien du Khuzdul, mais elle a une rune spéciale (n° 35) dans
la table d’Angerthas.

LE
CORPUS ANALYSÉ
Comme
nous l'avons déjà mentionné, notre corpus Khuzdûl est très petit. Il
y a quelques noms, comme Khazad-dûm et Zirak-zigil, l'inscription sur
la tombe de Balin, et un cri de bataille: Baruk Khazâd! Khazâd ai-mênu!
"Haches des Nains! Les Nains sont sur vous!"
Baruk
Khazâd! est censé signifier
"Haches des Nains!" Baruk est habituellement pris en
exemple de quelque chose de similaire en hébreu "état construit":
l’état d’un mot est dit être dedans quand il est placé devant un nom
pour exprimer une relation génitive: X Y signifiant "X de Y".
(Comparez l'hébreu sûs "cheval", hammelekh "le
roi", sûs hammelekh "le cheval du roi".) Bien
sûr, nous ne pouvons pas être certain que baruk soit le pluriel
normal de "haches" et pas une forme spécialisée signifiant
"haches de". Il peut être significatif que tous les autres
pluriels attestés contiennent une longue voyelle: Khazâd "Nains",
Rakhâs "Orcs", tarâg "ours", shathûr
"nuages", ûl "courants", dûm "excavations,
salles", bizâr "vallées". Est-ce que le pluriel
normal de "haches" pourrait être *barûk? Shathûr
"nuages" peut représenter un modèle pluriel en -a-û-.
En hébreu, les voyelles de mots dans l’état construit sont souvent raccourcies.
Ou,
étant donné que u est clairement un élément Nanique signifiant
"de" (Bund-u-shathûr "Tête dans/des Nuages",
TI:174), est-il incorporé dans baruk, inséré entre la seconde
et la troisième consonne radicale? Des mots avec des trios simples de
consonnes radicales (1-2-3) semblent avoir des formes singulières en
1u23 (bund "tête", Rukhs "Orc"
– consonnes radicales B-N-D, *R-Kh-S) et des pluriels
en 1a2â3 (Rakhâs "Orcs", comparez Khazâd
"Nains" et tarâg "barbes" de *Kh-Z-D
et *T-R-G). Comme baruk semble avoir une structure
radicale de trios de consonnes (*B-R-K), nous pouvons peut-être
ajouter un état construit pluriel dans 1a2u3 au
paradigme et infléchir B-R-K "hache" comme suit:
Singulier *burk "hache", pluriel normal *barâk "haches",
état construit pluriel baruk "[les] haches de" (et
de la même manière ex. *tarug Khazâd "les barbes des Nains"
à partir de la forme attestée tarâg "barbes"?) L’état
construit singulier peut avoir la forme 1u23u (*burku Khazâd
"la hache des Nains"), si Bundushathûr est simplement
*Bundu Shathûr "Tête des Nuages" étant écrit
en un mot quand il est utilisé comme nom d'une montagne (puisque B-N-D
= "tête").
La
seconde partie du cri de bataille est Khazâd ai-mênu! "Les
Nains sont sur vous!", notre seule phrase réelle. Ai-mênu "sur vous", aiétant une forme
courte de aya"sur" et mênuétant l'accusatif
pluriel "vous". Ceci est évidemment une phrase nominale, ne
contenant pas d'équivalent réel du verbe "sont". Des phrases
comme - "X Y" signifiant "X est/sont Y" – sont courantes
en russe et en beaucoup de langages sémitiques. Ceci peut supporter
la théorie d’un état construit distinct des noms, pour distinguer "X
Y" signifiant "X de Y" de "X Y" signifiant
"X est Y".
Puis
il y a le texte qui apparaît si quelqu'un déchiffre les runes sur la
tombe de Balin: Balin Fundinul uzbad Khazaddûmu, "Balin
fils de Fundin, Seigneur de la Moria." Les noms Balin
et Fundin sont Humains, ainsi leurs étymologies ne sont pas pertinentes.
Ce qui reste est la terminaison -ul, ici utilise pour former
un patronyme, uzbad "seigneur" et le nom bien connu
Khazad-dûm "Cavenain, Moria" (bien qu'il n'y ait pas
d'équivalent du trait d'union dans l'inscription runique). Il apparaît
ici avec une terminaison -u, qui est évidemment un génitif d'une
sorte quelconque. Mais pourquoi une terminaison est-elle requise ici
quand il n'y en a pas dans Baruk Khazâd "haches des Nains"?
(Il n’est pas important si baruk est une forme spécialisé signifiant
"haches de" ou simplement "haches"; même s’il incorpore
un élément signifiant "de", cette inflexion affecte toujours
le premier mot dans la construction, pas le second comme dans uzbad
Khazaddûmu.) Evidemment ceci est une sorte de génitif objectif,
désignant que la Moria
est dirigée par le seigneur, pas simplement que le seigneur "possède"
la Moria
(est-ce que cela pourrait être *uzbud Khazaddûm, en suivant le
modèle de baruk Khazâd???) Cette théorie trouve un support fort
en Adûnaic, la langue Númenoréenne, qui descend d'une langue
Humaine influencée par le Khuzdul (SD:414). Ce langage a une forme appelée
"objective" incorporant u qui est utilisée dans des
composés, ex. gimlu-nitîr "allumeuse d'une étoile"
(gimlu- étant l'objectif de gimli "étoile",
SD:428 cf. 427). Bien que cet objectif Númenoréen soit utilisé dans
des composés seulement et pas indépendamment comme dans uzbad Khazaddûmu,
il peut à l'origine être apparenté à l'objectif Khuzdul.
La
terminaison -ul est censée être une terminaison génitive de patronymes,
mais peut-être qu'elle n'est pas utilisée pour former les patronymes
seulement; voir -ul dans la liste de mots ci-dessous.

Quelques
noms sont attestés à la fois au singulier et au pluriel: Khuzd
pl. Khazâd, Rukhs "Orc", pl. Rakhâs (voir
aussi uzn dans la liste de mots ci-dessous). Comme nous l'avions
spéculé ci-dessus, tarâg "barbes" peut être un pluriel
formé selon le même modèle, ainsi le nom singulier "barbe"
est *turg. Le mot shathûr "nuages" évidemment
appartient à un autre modèle de pluriel que Khazâd et Rakhâs,
et nous ne pouvons pas reconstruire la forme au singulier. Elle aurait
probablement eu les mêmes consonnes radicales *Sh-Th-R, mais
des voyelles différentes. D'autres noms pluriels sont ûl "courants"
et dûm "excavations, salles" (ce dernier peut aussi
être un collectif). Il est significatif que tous deux contiennent la
même voyelle û que shathûr? Il n'y a pas de telle voyelle
dans bizâr "vallée", cependant.
Seuls
quatre verbes sont attestés: gunud "creuser, excaver"
(censé être une racine), SLN "tomber, descendre vite"
(VT48:24, seulement donné comme base trilitère), felek "tailler
le rocher" et le mot apparenté à felak, signifie utiliser
un outil comme un ciseau à large lame, ou une petite tête de hache sans
manche. Felakpeut aussi être utilisé comme nom désignant un tel
outil. Cf. l'anglais "hammer (marteau, marteler)", nom ou
verbe. Cet exemple indique que les verbes Khuzdul ne peuvent pas toujours
être distingués du reste du langage par leur seule forme.
Nous
avons quelques adjectifs: il y a le mot Khuzdul lui-même,
signifiant apparemment "nanique", étant dérivé de *Khuzd
"nain" avec la terminaison -ul qui est aussi utilisé
pour former les patronymes: Fundinul, fils de Fundin. Nous avons
aussi sigin "long" dans Sigin-tarâg, les Longues
Barbes. Si les adjectifs Khuzdul s'accordent en nombre, sigin peut
être une forme plurielle. (D'un autre côté, la forme basique, non infléchie
de l'adjectif peut être utilisée dans des composés.) Zirak (pl.
*zirik???) peut-être l'adjectif "argenté" selon
TI:174, mais sur la page suivante il est suggéré qu'il signifie "pointe"
à la place. Il est possible qu'un adjectif suive le nom qu'il décrit
(bien que pas dans des composés comme "Longue Barbes"); voir
ci-dessous.
Dans
des composés, l'ordre des éléments est le même qu'en anglais: Khazad-dûm "Dwarrowdelf
(Cavenain)", Kibil-nâla
"Silverlode (Filon d’Argent)", Kheled-zâram "Glass-lake
(Lac de Verre)" (concernant cette traduction plutôt que "Mirrormere",
voir la liste de mots), Gabilgathol "Grande
Forteresse", Sigin-tarâg
"Longuebarbes". Le nom Zirak-zigil "Silver-spike (Pointe
d’Argent)" (Celebdil, Silvertine) convient à ce modèle (TI:174),
mais Tolkien sembla plus tard avoir décide que zirak signifie
"pointe" et zigil signifie "argent" plutôt
que vice versa. Dans ce cas, ce mot peut être une connexion à un "état
construit" juste comme baruk Khazâd semble l’être: *Zirak
zigil "Silver-spike" (une construction que Frodon,
qui naturellement ignorait tout du Khuzdul, prit pour être un composé
et écrivit Zirak-zigil, Zirakzigil). Si zigilest
un adjectif "argenté" plutôt qu'un nom, cette construction
peut suggérer que les adjectifs suivent le nom qu'ils décrivent.
Seulement
un pronom est attesté: mênu, accusatif pluriel "vous"
(WR:20).
Nous
avons seulement deux prépositions, aya"sur"
(WR:20, forme réduite aidans ai-mênu"sur vous"),
et u"dans, de" (seulement attesté au milieu d'un composé,
Bundushathur= "Tête dans/des Nuages", nom de la montagne
Tête Nuageuse, Sindarin Fanuidhol).
Il
n'y a pas beaucoup plus que nous puissions dire au sujet de la dérivation.
Un modèle dérivatif semble être de la forme 1a23ûn, où 1, 2,
3 représentent les trois consonnes radicales. La signification semble
être simplement "personne, chose ou place caractérisée par la signification
de la racine": Nargûn "Mordor, *Pays Noir", à
partir des consonnes radicales N-R-G "noir",
et Tharkûn "homme d’équipe", le nom Nanique de Gandalf
(consonnes radicales *Th-R-K "équipe"?) Si les
consonnes Z-Gh-L sont réellement les consonnes radicales
du verbe "faire la guerre" et Azaghâl signifie
"guerrier", nous avons un modèle agental a1a2â3. Le
mot Khuzdul"Nanique" peut arguer de l'existence d'un
modèle adjectival 1u23ul. Mais comme dit plus haut, -ul
peut simplement être simplement une terminaison adjectivale
ajoutée à la forme singulière du nom (*khuzd "Nain").
Comparez le patronyme Fundinul. S'il en est ainsi, il n'y a pas
besoin d'établir un modèle 1u23ulqui inclue les consonnes radicales
originales.
Des
adjectives comme baraz"rouge" (B-R-Z) ou sigin"long"
(*S-G-N) représente clairement des modèles adjectivaux 1a2a3et
1i2i3 (bien que kibil"argent" semble
être un nom).
Le
mot Mazarbul, comme dans "la
Chambre de Mazarbul" (Chambre des Souvenirs),
semble représenter quelques dérivations plus complexes. Si -ul
est simplement la terminaison adjectivale discutée ci-dessus
(qui aurait signifié que le "de" dans la traduction est strictement
superflu), il nous reste mazarb"souvenir(s?)". Est-ce
que ceci pourrait être une sorte de participe passif, ou le nom correspondant,
d'un verbe "se souvenir" (consonnes radicales probablement
*Z-R-B)? S'il en est ainsi, nous avons un modèle ma1a23.

LISTE
DE MOTS NANIQUES
(Basé
à l'origine sur une liste compilée par Lisa Star qui a paru dans Tyalië
Tyelelliéva #4 p.22; elle remercia au passage Jim Gillogly, Alberto
Monteiro et Anthony Appleyard pour les commentaires et suggestions utiles).
J'ai exclu Balin, qui, bien qu'il apparaisse dans l'inscription
de la tombe de Balin, est un nom Humain. Ainsi est Forn, un nom
de Tom Bombadil utilisé par les Nains. D'un autre côté, j'ai inclu Fundinul,
bien que seule la terminaison -ulsoit réellement Khuzdul. J'ai
exclu Dushgoi"Minas Morgul", qui est évidemment Orkish,
mais cependant semble inclure un élément dush*"sombre, noir"
qui apparaît aussi dans Buzundush, le nom Nanique de Morthond.
aglâb,
" langage (parlé)" (WJ:395). Ceci contient évidemment les
mêmes consonnes radicales G-L que dans iglishmêk.
ai-mênu,
"sur vous" (SdA2/III ch. 7, Appendice F), avec ai,
comme forme réduite de aya (q.v.), et mênu (WR:20)
Azaghâl,
nom du seigneur des Nains de Belegost (Silmarillion ch. 20)
azan,
la forme plurielle de uzn (q.v.), citée dans The Lord of the
Rings: A Reader's Companion (RC) par Wayne G. Hammond et
Christina Scull, p. 269.
[Azanûl, une forme que Tolkien semble avoir remplacé par Azanulbizar
(RS:466). Voir ûl.]
Azanulbizar, "Dimrill Dale" (SdA1/II ch. 4). Dans A Tolkien Compass
p. 182, Tolkien dit que "la forme de Langage Commun est une traduction
pointue: la vallée de l’obscurité (couvert de nuages)
ruisseaux qui coulent sur le flanc d’une montagne". Comparez
RS:466: Azanulbizar "la
Vallée des Courants Sombres" avec les éléments
Z-N, ûl, bizar (q.v.) Comme discuté dans l'entrée
bizar, Tolkien expérimenta diverses interprétations des différents
éléments, bien que le tout soit exprimé par "le Vallon du Ruisseau
Sombre".
aya,
"upon" (WR:20). Forme réduite aien ai-mênu"sur
vous".
baraz, "rouge" (pour la traduction, voirRC p. 267). Dans Barazinbar,
TI:174. Baraz"?Le Rouge", nom court de Barazinbar.
(SdA1/II ch.3)
Barazinbar,
"Corne Rouge", une des montagnes sur la Moria, Sindarin Caradhras
(SdA1/II ch. 3).
baruk,
"haches de" (WR:20), Baruk Khazâd!"Haches de Nains!"
(Appendice F). Peut-être l’état construit pluriel de *burk "hache".
bizar,
"vallon, vallée" (RS:466) dans Azanulbizar. Une interprétation
différente dans RC:269: là le mot est expliqué comme étant "probablement"
une forme plurielle bizâr (notez la longue voyelle) dérivée d’une
racine B-Z-R "un petit courant (jaillissant d’une source".
Tolkien explora diverses possibilités concernant l’interprétation exacte
des éléments apparaissant dans le nom Azanulbizar; il devait
signifier quelque chose comme "le Vallon du Ruisseau Sombre".
Selon l’interprétation (expérimentale) donnée dans RC, azan est
une forme plurielle "ombres, obscurités", ul est un
marqueur génitif et -bizar signifie "courants, ruisseaux",
d’où "Les ruisseaux des ombres", alors que le mot "vallon"
est compris (le nom complet étant duban azanulbizar, mais duban
"vallon, vallée" est abandonné ainsi l’endroit est simplement
appelé Azanulbizar). L’interprétation alternative donnée ailleurs
permet cependant à la phrase complète "Vallon du Ruisseau Sombre"
d’être empaquetée dans le mot Azanulbizar sans avoir besoin de
supposer que l’élément "vallon" soit abandonné ou compris:
c’est alors la partie bizar qui signifie "vallon" (singulier?),
et "ruisseau(x)" ou "courants" correspond à l’élément
médian ul, qui représente alors une forme plurielle ûl
de même signification (RS:466) plutôt qu’étant un marqueur génitif.
B-N-D, consonnes radicales de bund, q.v. (TI:174)
B-R-Z, consonnes radicales de baraz, q.v. (TI:174)
bund, "tête" (TI:174). In Bundushathur, q.v.
Bundushathur, "Tête Nuageuse", une des montagnes au-dessus
de la Moria, en Sindarin Fanuidhol
(SdA1/II ch. 3); les éléments sont Bund-u-shathur"Tête
dans/des Nuages" (TI:174).
Buzundush, "Morthond, Racine Noire" (TI:167)
B-Z-R, consonnes radicales de bizar, q.v. (RC:269)
D-B-N, consonnes radicales de duban, q.v. (RC:269)
duban "vallée", selon l’explication de Azanulbizar
"Vallon des Ruisseaux Sombres" qui
dément que bizar (q.v.)
soit lui-même le mot pour "vallon, vallée" (RC:269). Par cette
interprétation alternative, le nom complet du vallon est duban azanulbizar,
mais l’élément initial peut être mis de côté et compris.
dûm,
"excavations, salles, maisons", soit un vrai pluriel collectif
soit un singulier collectif (dans Khazad-dûm, q.v.)
felek,
"pierre taillée" (établie comme racine; les consonnes radicales
sont évidemment *F-L-K) (PM:352)
felak,
1) (utilisé comme nom) un outil comme un ciseau à large lame,
ou une petite tête de hache sans manche, pour tailler la pierre, 2)
(utilisé comme verbe) utiliser cet outil (PM:352)
felakgundu,
aussi assimilé felaggundu"creuseur de caverne" (nom
donné à Finrod parce qu’il était habile dans la sculpture fine de la
pierre, adapté en Sindarin comme Felagund). (PM:352) Ceci rend
évidemment obsolète l’entrée PHELEG dans les Etymologies (LR:381),
où Tolkien fournit une étymologie Elfique pour ce nom.
Fundinul,
traduit "fils de Fundin", est littéralement peut-être une
espèce d’adjectif dérivé de ce nom (qui est lui-même Humain et pas Khuzdul).
Dans RC:269, il est dit que -ul est une terminaison génitive
de patronymes. Voir -ul.
gabil,
"grand", isolé de Gabilgathol, q.v.
Gabilân,
un nom de la rivière Sirion (WJ:336). Inclue apparemment gabil
"grand", cf. Gabilgathol. Gabilgathol, "Grande forteresse", Sindarin Belegost (Silm ch. 10,
LR:274)
Gamil Zirak, nom d’un forgeron Nain, maître de Telchar de Nogrod (UT:76). Les interprétations
suggérées sont "Vieil Argent" ou "Vieille Pointe";
voir zirak.
gathol,
"forteresse", isolé de Gabilgathol, q.v.
gundu,
"salle souterraine" (de la racine gunud) (PM:352).
Est-ce que ce nom apparaît dans la nom de la montagne Gundabad,
censé être "à l’origine un nom Khuzdul"? (PM:301)
gunud,
"creuser sous la terre, excaver, creuses un tunnel" (PM:352
cf. 365), censé être une racine. Cf. gunduci-dessus.
Ibun,
le nom d’un des fils de Mîm (Silm. ch 21, UT:102)
iglishmêk, un code gestuel utilisé par les Nains. (WJ:395) Cf. aglâb.
inbar, "corne"; les consonnes radicales sont données comme
M-B-R, notez la dissimilation apparente mb> nb.
(TI:174). Dans Barazinbar, q.v.
Kazaddûm, orthographe non orthodoxe de Khazad-dûm (RS:467).
Elle devrait difficilement être prise comme indication que ket
khne sont pas des phonèmes distincts après tout.
K-B-L, consonnes radicales de kibil, le mot pour argent (TI:174)
Khazâd, "Nains", leur nom pour eux-mêmes (Appendice F).
Forme pl. courte Khazad dans le composé Khazad-dûm. Singulier
Khuzd, q.v.
Khazad-dûm, "Cavenain", Moria (SdA1/II ch. 3). Voir dûm.
Khazâd ai-mênu!, "Les Nains sont sur vous!", Le cri de
bataille des Nains. (Appendix F)
kheled, "verre" dans Kheled-zâram "Mirrormere",
lit. "lac de verre" (Appendice du Silmarillion, entrée khelek-;
voir aussi A Tolkien Compass p. 190)
Khîm, le nom d’un des fils de Mîm. (Silm. ch. 21)
Khuzd "Nain", pl. Khazad (RC:269). Puisque d'autres
sources indiquent que le pluriel est plutôt Khazâd (q.v.) avec
une longue seconde voyelle, la forme Khazad citée dans RC:269
peut être la forme apparaissant dans des composés comme Khazad-dûm
où la voyelle est raccourcie (peut-être parce qu'elle n'est pas accentuée
ici).
Khuzdul "Nanique", aussi écrit Khuzdûl (ex. VT48:24,
PM:358). Incluse évidemment Khuzd "Nain". voir -ul.
[Khuzûd, "Nains", change par Tolkien en Khazâd.
(LR:274, 278)]
*Kh-Z-D, consonnes radicales dans des mots en relation avec les
nains et ce qui concerne les Nains, dans Khazâd"les Nains"
(sg. Khuzd), dans Khuzdul"Nanique" et évidemment
aussi dans Nulukkhizdîn"Nargothrond" (Silm. ch. 21)
kibil,
"argent" (TI:174). Les consonnes radicales K-B-L. TI:174
suggère que ce mot est apparenté au Quenya telpë, mais l'emprunt
réel doit plutôt être au Sindarin celeb (et l'emprunt doit être
joliment tardif, pour que même à l'Ancien stade
Sindarin, le mot était kelepe [LR.367] sans changement
du p post-vocalique en b; la forme la plus primitive
était kyelepê). Khuzdul kibil qui inverse l'ordre des
deux dernières consonnes de celeb.
Kibil-nâla,
"Filon d’argent" (SdA1/II ch. 3), la rivière Celebrant. Les
éléments séparés kibil, nâla (q.v.) sont discutés dans
TI:174, 175. Curieusement, le nom Khuzdul de cette rivière est donné
comme Zigilnâd dans PM:279, 286. PM:275 indique que Tolkien dans
un brouillon pour un appendice du SdA utilisa le nom Kibil-nâla
pour se référer à Mirrormere, mais le changea en Kheled-zâram,
le nom utilisé dans le texte principal du SdA. Christopher Tolkien écarta
ceci comme un "glissement sans signification" (PM:286).
Mahal,
Nom Nanique de Aulë (Silm. ch. 2)
Mazarbul", (des?) Souvenirs". La Chambre de Mazarbul
est égale à "la
Chambre des Souvenirs". (SdA1/II ch. 5, Letters:186)
Si -ul est une terminaison adjectivale ou génitive Khuzdul, "de"
dans la traduction peut être strictement superflu.
M-B-R,
les consonnes radicales de inbar"corne" (notez l'apparente
dissimilation mb> nb). (TI:174)
mênu,
"vous (accusatif pl.)" (WR:20)
Mîm,
nom d'un Petit Nain (Silm. ch. 21)
-nâd, élément apparaissant dans Zigilnâd, un autre nom
de la rivière Celebrant (Filon d’argent): PM:279, 286. Cette rivière
est appelée ailleurs Kibil-nâla en Khuzdul, ainsi nâd
devrait signifier la même chose que nâla, q.v.
-nâla: Selon TI:175, la signification de ce mot n'est pas connue,
mais si le nom Khuzdul Kibil-nâla a la même signification que
le Sindarin Celebrant, Filon d’argent, il peut être supposé signifier
"chemin, parcours, cours d'eau ou lit de rivière". (TI:174)
Narag-zâram, "? Lac Noir". Inclue les consonnes radicales N-R-G,
q.v. (RS:466)
Nargûn,
"Mordor"; inclue les consonnes radicales N-R-G"noir"
(RS:466)
N-R-G, consonnes radicales pour "noir" (les voyelles ne
sont pas données); en Nargûn"Mordor, Pays Noir". (RS:466)
Le mot indépendant "noir" peut être *narag, comparez
baraz "rouge" à partir de B-R-Z.
Nulukkhizdîn, "Nargothrond" (WJ:180), mal écrit Nulukkizdîndans
le Silm ch. 21 (voir WJ:180, où Christopher Tolkien admet que cette
orthographe est fausse). Changé par Tolkien à partir de Nulukhizidûn.
Apparemment inclue les consonnes radicales Kh-Z-D"nain".
Par une suggestion, l'élément initial nulu- peut être apparenté
à -nâla, q.v.
Rukhs,
"Orc", pl. Rakhâs (WJ:391)

salôn, forme listée avec sulûn comme nom possible dérivé
de la base S-L-N "tomber, descendre rapidement" (VT48:24).
Les noms dérivés ne sont pas eux-mêmes expliqués, mais désigneraient
quelque chose qui réalise cette action verbale. Tolkien essayait d'expliquer
l'origine du nom de la rivière Lhûn ou Lune, et une origine Nanique
était parmi les possibilités listées (un nom d'une telle signification
aurait convenu parce que "la course supérieure de Lune était très
raide et rapide"). La forme Sindarin Lhûn serait, dans ce scenario, probablement apparu comme
ceci: Salôn ou sulûn est emprunté au Sindarin dans une
étape antérieure, et la première voyelle est perdue, laissant *slôn
ou *slûn; ceci produit régulièrement
Lhûn en Sindarin tardif. Ceci fournit un éclairage intéressant
sur la manière dont les mots Khuzdul sont accentués: La première
voyelle de salôn ou sulûn aurait certainement été non
accentuée si elle doit être perdue comme ceci, suggérant que c'est
plutôt la voyelle longue dans la syllabe finale qui reçoit l'accent.
La même chose peut être vraie pour d'autres mots avec une longue voyelle
dans le dernière syllabe.
Sharbhund,
?"Colline Chauve", Nom en Petit Nanique de Amon Rûdh
(UT:98). Est-ce que bhund est juste un forme variante de
bund, q.v.? Ou est-ce un composé sharb + hund?
Ceci serait plus facile à analyser dans la structure de racines trilitères
utilisées en Khuzdul: consonnes radicales *Sh-R-B + *H-N-D.
shathûr
"nuage(s)", Shathûr nom court de Bundushathûr,
"tête nuageuse", une des montagnes au-dessus de la Moria (SdA1/II ch. 3, TI:174)
Sigin
"long" dans Sigin-tarâg, q.v. (PM:321) Si les adjectifs
Khuzdul s'accordent en nombre, ceci pourrait être une forme plurielle
(ou la forme basique peut être préférée dans les composés).
Sigin-tarâg, "les Longues Barbes" (PM:321)
S-L-N,
consonnes radicales d'un verbe "tomber, descendre rapidement";
voir salôn (VT48:24)
sulûn,
voir salôn
tarâg,
"barbes" dans Sigin-tarâg, q.v. (PM:321). Sg. *turg?
Tharkûn,
Nom Nanique de Gandalf, censé signifier "Homme d’Equipe" (SdA2/IV
ch. 5, UT:353)
Tumunzahar " Trou Creux ", Nom Nanique de Nogrod (Silm ch. 10)
-u, "dans/de"
dans Bundushathur, Bund-u-shathur "Tête dans/des Nuages"
(TI:174), Uzbad Khazad-dûmu "Seigneur de la Moria" (SdA1/II ch. 4)
[Udushinbar, une forme que Tolkien semble avoir remplacé par
Bundushathûr (TI:174)]
ûl, "courants"
dans Azanulbizar (RS:466). Voir bizar pour une interprétation
alternative qui ferait de l'élément médian de Azanulbizar un
marqueur génitif plutôt qu'un mot pour "courants" (correspondant
à l'élément "ruisseau" du nom "Vallon des ruisseaux Sombres").
Le nom court Azanûl; est cependant significatif seulement si
ûl est un nom: *"Courants Sombres". Un marqueur génitif
ne se référerait à rien ici. Comparer les noms Azanûl et Azanulbizar
peut suggérer que le Khuzdul ne permet pas une longue voyelle devant
un groupe consonantique.
-ul, suffixe adjectival possible (Khuzdul "Nanique",
Fundinul"[fils] de Fundin"). Selon RC:269, -ul
est une terminaison de patronymes, et une interprétation de Azanulbizar
l'associe aussi avec l'élément médian de ce nom (quelque chose qui indiquerait
qu'il n'est pas seulement utilisé dans les patronymes); voir bizar
et comparez Mazarbul. Puisque Khuzdul est écrit Khuzdûl
dans quelques sources tardives, est-ce que Tolkien éventuellement fait
la distinction entre une terminaison adjectivale -ûl et une terminaison
génitive -ul?
[Uruktharbun, un nom de la Moria? (peut-être remplacé
par Khazad-dûm) (RS:458)]
Uzbad,
"Seigneur" (SdA1/II ch 4). Le chercheur Suédois Magnus Åberg
a suggéré que le u initial pourrait être une conjonction, ainsi
Balin Fundinul uzbad Khazad-dûmu signifierait en réalité *"Balin
fils de Fundin et Seigneur de la
Moria". Sil en est ainsi, il y aurait quelques
autres voyelles suivant le z quand le mot apparaît sans u-,
puisque le Khuzdul ne tolère pas de groupe consonantique initial. (VT48:24).
uzn "obscurité, ombre", pl. azan (RC:269). Consonnes
radicales Z-N (RS:466). Dans RC le singulier et en réalité cité
comme le singulier "uzu", mais la forme plurielle indique
que uzn est la propre lecture (minuscule n et u
étant identiques dans le manuscrit de Tolkien; comparez le Sindarin
nin étant cité faussement comme "niu"
dans Letters:279, où il n'y a pas de question sur la lecture propre,
puisque nin apparaît dans le SdA lui-même). L'exemple de Khuzd
pl. Khazâd et Rukhs pl. Rakhâs indiquerait que
la forme plurielle devrait être *azân avec un long â,
mais la forme azan apparaît dans le compose Azanulbizar,
où la seconde voyelle est apparemment inaccentuée et donc (?) raccourcie.
Comparez Khazad comme forme courte de Khazâd dans le composé
Khazad-dûm, un mot qui devrait peut-être accentué sur la syllabe
finale.
zâram,
"lac" (dans Narag-zâramet Kheled-zâram, RS:466)
Z-G-L,
consonnes radicales de zigil (TI:174)
zigil, soit "pointe (plus petite
et plus fine qu’une corne)" (TI:174) soit un mot pour "argent"
(TI:175) – le composé Zirak-zigil est censé signifier "Pointe
d’Argent", mais il n'est pas entièrement clair quel élément signifie
"argent" et lequel signifie "pointe". Selon les
dernières explications de Tolkien, zigil signifie "argent",
et en accord avec cela, Zigilnâd est listé comme un nom de Filon
d’Argent (Celebrant) dans une source (PM:279, 286). Cependant, TI:174,
175 implique clairement que le nom Kibil-nâla (apparaissant dans
le SdA lui-même) est la désignation Nanique de cette rivière. Voir Kibil-nâla.
zirak,
Soit "argent" (couleur et non le métal, cf. kibil)
ou "pointe"; voir zigil. Puisque le décision
finale de Tolkien semble avoir été que dans le nom Zirak-zigil
"Silvertine, Pointe d’Argent" c'est la partie zigil
qui signifie "argent", zirak doit signifier "pointe"
(TI:174 vs. 175). Zirak (nom court de Zirak-zigil, q.v.)
signifierait soit "Argent" soit (plus probablement)
"Pointe". (SdA1/II ch. 3) Peut-être aussi dans Gamil Zirak,
q.v.
[Zirakinbar, "Corne d'Argent" (voir inbar),
forme que Tolkien évidemment remplaça par Zirak-zigil "Silvertine".
(SD:45)]
Zirak-zigil, "Silvertine", une des montagnes sur la Moria (Sindarin Celebdil).
Z-N,
consonnes radicales de mots pour "sombre, obscur " (RS:466).
Dans Azanulbizar, q.v. Selon RC:269, le mot réel
dérivé de cette racine est uzn (q.v.), duquel azan dans
ce nom d’endroit, est une forme plurielle.
Z-R-K,
consonnes radicales de zirik, q.v. (TI:174)