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Adûnaïque - Le langage vernaculaire de Númenor

aussi écrit: Adûnaic (ainsi dans le rapport de Lowdham, notre source principale concernant ce langage, mais Adûnaic dans les appendices de SdA)
aussi appelé: Númenoréen

HISTOIRE INTERNE

Quand les Hommes s'éveillèrent en Hildórien au premier lever du Soleil, ils commencèrent à inventer un langage, juste comme les Elfes l'avaient fait à Cuiviénen, des millénaires auparavant. Mais comme nous le savons, les Hommes ne furent jamais aussi créatifs que les Premiers-Nés: "Le désir pour les mots se réveilla en nous, et nous commençâmes à les faire. Mais nous étions peu, et le monde était vaste et étrange. Bien que nous désirions grandement comprendre, apprendre était difficile, et la fabrication des mots était lente." (Morgoth's Ring p. 345) S'il n'y eut jamais un langage unique aux Hommes Mortels, il était depuis longtemps dilué quand leurs premiers représentants arrivèrent en Bélériand. Felagund ne prit pas longtemps à interpréter la langue de Bëor et de son peuple, parce que "ces Hommes avaient commercé pendant longtemps avec les Elfes Noirs à l'Est des montagnes, et ils avaient appris d'eux beaucoup de leur langue, et puisque tous les langages des Quendi avaient une seule origine, le langage de Bëor et de son peuple ressemblait à la langue Elfique par beaucoup de côtés". (Silmarillion chapitre 17). Il est aussi assez clair que les Hommes avaient été en contact avec les Nains et avaient emprunté beaucoup du Khuzdul, le langage qu'Aulë fit pour ses enfants: Dans PM:317, Tolkien a "la théorie (probablement unique) que dans un passé immémorial quelques uns des langages des Hommes - y compris le langage de l'élément dominant dans l'Atani duquel l'Adûnaïque fut dérivé - avait été influencé par le Khuzdul". Nous n'avons pas assez de matériel pour identifier les éléments purement Humains qu'il pouvait y avoir dans cette mixture de Nanique et de Noir Elfique.

En Bélériand, les Hommes enthousiastes apprirent le Sindarin, "mais leur propre langage ne fut pas oublié, et de lui vint la langue commune de Númenor" (Silmarillion chapitre 17). Le Premier Age se termina par la Guerre de la Colère. Les Valar finalement inclinèrent leur pouvoir cataclysmique sur Bélériand, et vainquirent Morgoth, mais Bélériand fut complètement détruite et sombra sous la mer. Cependant, les Hommes reçurent une riche récompense pour leurs souffrances dans les guerres contre Morgoth. (Au passage, comment quelqu'un a-t-il pu survivre à la destruction de Bélériand? Le Professeur ne s'ennuya jamais à expliquer ceci. Est-ce que Morgoth n'aurait rien suspecté quand ses ennemis commencèrent à évacuer un continent entier? Bon, passons...) Les Valar élevèrent une grande île hors de l'océan, plus près de Valinor que de la Terre-du-Milieu. Les Edain allèrent par dessus la mer et trouvèrent leur nouvelle demeure, et conduits pas Elros le fils de Eärendil ils fondèrent le royaume de Númenor. Il se passa trois mille deux cent dix-huit ans avant le terrible jour où Ar-Pharazôn brisa l'interdiction des Valar, en naviguant vers l'Ouest pour conquérir le Royaume Béni.

Quelle était la situation linguistique du Pays de l'Etoile quand ceci se passa? Sur la carte de Númenor dans les Unfinished Tales p. 164 les noms sont en Quenya. Mais le même livre nous dit que le Quenya n'était pas un langage parlé à Númenor. Tous les endroits avaient des noms "officiels" en Haut Elfique qui étaient utilisés dans des documents établis, mais dans le langage de tous les jours des noms en Sindarin ou en Adûnaïque, généralement de même signification, étaient utilisés à la place. Le Sindarin ou Gris Elfique était connu par la majorité des gens - les nobles Núménoréens même l'utilisaient comme langue de tous les jours. Mais le langage vernaculaire parlé par le commun du peuple était et restait l'Adûnaïque, une langue Humaine dérivée des langues des Hommes qui avaient participé avec les Elfes à la guerre contre Morgoth.

En Anadûnê, comme on appelait Númenor ou Westernesse en Adûnaïque, ce langage subit certains changements durant les trois mille ans que dura le royaume. Quelques sons disparurent et d'autres apparurent, ainsi certaines consonnes furent perdues. D'un autre côté, de nouvelles voyelles apparurent: à l'origine, l'Adûnaïque ne possédait que les voyelles cardinales a, i et u, mais plus tard les diphtongues ai et au furent simplifiées en long ê et ô. A part les changements phonologiques, le langage changea par un certain afflux de mots empruntés à l'Elfique. Par exemple, le Quenya lómë "nuit" fut emprunté en Adûnaïque comme lômi; de manière intéressante, le mot garda ses connotations Valinoréennes douillettes,: une lômi est une belle nuit sous les étoiles, et le noir n'est pas perçu comme quelque choses de sombre ou triste. Nous reconnaissons aussi d'autres noms Elfiques, spécialement les noms des Valar: Amân "Manwë", Avradî "Varda", Mulkhêr "Melkor". Cependant quelques mots qui peuvent apparaître comme des formes empruntées au Quenya, ne le sont pas. Quand "ciel, cieux" est menel en Quenya et minal en Adûnaïque, ce dernier est un mot qui a des ancêtres Edain qui doivent être adoptés de l'Avarin (Noir Elfique) longtemps avant que les Hommes n'entrent en Bélériand. Il ressemble au mot Quenya simplement parce que le Haut-Elfique et Noir-Elfique sont finalement des descendants du même langage. En fait, il y a peu d'emprunts évidents à l'Elfique, antérieurs ou postérieurs, parmi les mots Adûnaïques mentionnés dans le Rapport de Lowdham:


          adûn "ouest" (SD:247), Sindarin dûn (LR:376).
          ammî, ammê "mère" (SD:434), Quenya ammë (LR:348). De préférence une forme d'emprunt tardif au Quenya.
          attû, attô "père" (SD:434), Quenya atar, hypocoristique atto (LR:349).
          azra "mer" (SD:429), évidemment de la racine en Elfique Primitif AYAR (Quenya ëar) (LR:349).
          "ne...pas" (SD:250). Elfique Primitif *BA "non!", Quenya , Telerin "je ne vais pas..." ou "ne...pas", Sindarin baw! "Non! ne...pas!" (WJ:370-371).
          bêth "expression, parole, mot" (SD:427). Sindarin peth (lénifié beth) "mot". Comme bêth est dérivé d'une racine BITH (SD:416), ceci est de préférence dérivé de la forme en Elfique Primitif *KWET "dire, parler" qui avait été pris dans un langage Avarin, duquel les ancêtres de l'Edain l'ont emprunté. (Nous savons qu'il y avait au moins un langage Avarin qui montrait p pour l'original *kw, ainsi il est plausible que cela ait put être un dialecte qui ajoutait une vocalisation à ce p, produisant le b.initial) Cf. aussi le Westron plus tardif batta "parleur".
          khôr "seigneur" (comme dans Adûnakhôr, Seigneur de l'Ouest), racine Elfique KHER "diriger, gouverner, posséder" (LR:364), Quenya heru "seigneur".
          lâi "peuple", Quenya lië (SD:435), évidemment lai est un dialecte Avarin (WJ:410).
          lôkhî "tordu" (SD:247), racine Eldarin lok- "courber, boucler" (Appendice du Silmarillion ).
          narû "homme" (SD:434), racine Elfique NERE (WJ:393; bien que selon les Etymologies, la racine originale fut DER, avec NÊR comme forme Quenya spéciale - voir LR:354, 376).

Davantage d'exemples peuvent même être listés. Ceci donne du poids à quelques mots de Faramir qui n'en avaient pas dans le SdA publié, que "tous les langages des hommes dans ce monde sont de descendance Elfique". (WR:159/PM:63. Dans le cas de l'Adûnaïque, nous devons cependant prendre en compte une forte influence du Nanique autant que de l'Elfique.) Mais en dépit de sa considérable quantité d'ingrédients Elfiques, l'Adûnaïque fut considéré comme un langage Humain. Bien qu'il fut le langage du peuple commun, nous avons en définitif l'impression qu'il n'était pas estimé autant que les langues Elfiques. Nous pouvons comparer la situation à celle de l'Europe Médiévale: les langues vulgaires étaient tenues pour bien plus inférieures que le Latin, superlangage, sans se soucier de combien de gens le connaissait réellement. L'Akallabêth nous informe que "à part leurs propres noms [Adûnaïque], tous les seigneurs des Númenoréens avaient aussi des noms Eldarins", et dans le cas des quinze premiers rois, seuls leurs noms Quenya sont donnés. En vérité, il est dit d'Aldarion, le sixième roi, qu'il préférait son nom Adûnaïque que Eldarin (UT:194), mais le fait est que si ceci est mentionné, cela indique que ce n'était pas l'opinion normale. Maintenant l'étoile de l'Adûnaïque allait s'élever, mais seulement parce que toutes les choses Elfiques, étaient tombées en disgrâce.

Deux mille ans du Second Age, durant le règne de Tar-Ciryatan et de son successeur Tar-Atanamir, les Núménoréens commencèrent à envier l'immortalité des Elfes. L'amitié entre Valinor et Númenor devint froide, et alors que les langages Elfiques étaient autrefois tenus en haute estime, les Númenoréens arrêtèrent de les enseigner à leur enfants au temps de Tar-Ancalimon. Les rois continuèrent à utiliser des noms Quenya, mais seulement parce que le tradition millénaire le demandait. Le seizième roi utilisa à la fois un nom Elfique et un nom Adûnaïque: Tar-Calmacil vs. Ar-Belzagar - et les "hommes du Roi", hostiles à toutes choses Elfiques, utilisèrent ce dernier. Mais cela dura jusqu'au couronnement du vingtième roi avant que tous les monarques qui accédaient au trône ne portent un nom Adûnaïque: Ar-Adûnakhôr, le Seigneur de l'Ouest. Les Amis des Elfes n'étaient pas contents même quand il le traduisit en Quenya Tar-Herunúmen sur le parchemin officiel des Rois, parce que seul Manwë pouvait proprement se nommer Seigneur de l'Ouest. Les deux successeurs d'Adûnakhôr sur le trône de Númenor suivirent son exemple et utilisèrent des noms Adûnaïques.

Cependant le vingt quatrième roi, Ar-Inziladûn, voulut restaurer l'amitié avec les Elfes et les Valar et se donna le nom de Palantir, Celui qui voit au loin, en Quenya. Il était le dernier à rejeter l'Adûnaïque. Il mourut sans fils, et sa fille Míriel aurait dû devenir la Reine régnante. Cependant, son cousin Pharazôn la prit pour femme sans son consentement, de manière à ce qu'il devienne Roi. Evidemment il ne pouvait supporter son nom Quenya Míriel, ainsi il la rebaptisa simplement Zimraphel en Adûnaïque (à nouveau sans son consentement, nous pouvons le supposer).

Ar-Pharazôn défia Sauron en Terre-du-Milieu, et le Maia diabolique obtint un transport gratuit vers Númenor en prétendant se rendre. Il est bien connu que par sa ruse il devint bientôt le conseiller en chef du Roi, et plus tard Grand Prêtre pour la religion Satanique (ou plutôt Morgothique) qu'il institua. Si les langues Elfiques n'étaient pas bien vues avant l'arrivée de Sauron, les choses ne s'améliorèrent pas. Maintenant le but de Sauron était de séduire le Roi pour envahir Aman, pour provoquer une guerre entre les Númenoréens et les Valar. Comme Sauron le savait bien, les premiers seraient complètement vaincus et détruits par les seconds. A la fin, Sauron avait fait sa volonté, et comme il l'avait prévu, ce fut la fin de Númenor. Cela signifiait aussi la fin de l'Adûnaïque Classique. Des quelques Númenoréens qui survécurent à la Chute, beaucoup d'Amis des Elfes, conduits par Elendil, Anárion et Isildur. Selon PM:315, la langue Adûnaïque n'était pas en usage en Terre-du-Milieu: Les Fidèles survivants de Númenor parlaient le Sindarin eux-mêmes et n'avaient pas un grand amour pour l'Adûnaïque, qui était le langage des Rois rebelles qui avaient essayé de supprimer les langues Elfiques. Mal aimé et non pratiqué, l'Adûnaïque se changea en Westron, la Langue Commune des âges suivants. (Nous ne savons pas si les Núnénoréens Noirs maléfiques qui avaient vogué vers la Terre-du-Milieu avant la Chute et qui en fin de compte avaient pris le pouvoir parmi les Haradrim tentèrent de préserver et de cultiver une forme plus pure d'Adûnaïque - au moins comme langue noble ou lettrée parmi eux-mêmes.)

HISTOIRE EXTERNE

Tolkien inventa l'Adûnaïque peu après la Seconde Guerre Mondiale. Il était censé avoir une "saveur ou style légèrement sémitique" (SD:240). Ce nouveau langage dépassa son travail sur ce que l'on appelle les "Notion Club Papers" et sa révision de la légende de Númenor. Un des membres de ce club fictif (inspiré par les Inklings!) était supposé avoir appris l'Adûnaïque dans des rêves visionnaires du passé lointain. Il écrivit même un compte rendu de cela, "Le Rapport de Lowdham sur le langage Adûnaïque", maintenant publié par Christopher Tolkien dans Sauron Defeated p. 413-440. Le fait que Tolkien ne compléta jamais le Rapport de Lowdham- il s'arrêta avant d'atteindre le verbe - et ne fit pas d'autre travail sur l'Adûnaïque peut être une bénédiction déguisée. Comme Christopher Tolkien le dit: "Serait-il retourné au développement de l'Adûnaïque, que le 'Rapport de Lowdham' comme nous l'avons aurait sans doute été réduit en ruines, car de nouvelles conceptions causèrent des changements et des mises à niveau dans la structure. Il est plus que probablement qu'il aurait recommencé, affinant à nouveau sa phonologie historique - et n'aurait peut-être pas encore atteint le verbe... 'L'inachèvement' et les changements incessants, souvent frustrants pour ceux qui étudient ces langages, était inhérent à cet art. Mais dans le cas de l'Adûnaïque, comme les choses se sont passées, une stabilité fut obtenue, bien qu'incomplète: une représentation substantielle d'un des grands langages d'Arda." (SD:439-440)

Il semble, cependant, que Tolkien, alors qu'il était en train d'écrire les appendices du SdA était prêt à rejeter le concept entier d'un langage Núménoréen spécial, en dépit de tout son travail sur l'Adûnaïque moins d'une décennie plus tôt. Il joua avec l'idée que les Edain avaient abandonné leur langue Humaines et adopté "le Noldorin Elfique" (lire: Sindarin) à la place. Voir PM:63. l'idée que les Númenoréens parlent l'Elfique représente la résurrection d'une conception antérieure: Dans LR:68 il est dit que Sauron, haïssant toutes choses Elfiques, enseigna aux Númenoréens la vieille langue Humaine qu'ils avaient oublié eux-mêmes. Ici l'implication semble être que les Númenoréens parlaient le Quenya; voir la note de Christopher Tolkien dans LR:75. Mais Tolkien changea d'idée plusieurs fois, dans un sens puis dans l'autre; le résultat final était que les Edain n'abandonnèrent jamais leur langue après tout. En étant mentionné et exemplifié dans les appendices du SdA, l'Adûnaïque devint une partie fixe de la mythologie.

LE CORPUS

Il n'y a pas de textes cohérents en Adûnaïque. A l'exception de quelques mots uniques éparpillés dans le Rapport de Lowdham, la majorité du corpus consiste en un certain nombre de phrases fragmentaires données dans SD:247, avec la traduction interlinéaire de Lowdham. La traduction donnée ici est basée sur elle; quelques trous ont été comblés. (En accord avec le personnage de fiction de Tolkien, Lowdham ne connaissait pas la signification de quelques uns des mots, mais leur signification peut être trouvée à d'autres endroits: Zigûrun est le Magicien, nommément Sauron, et Nimruzîr est l'équivalent Adûnaïque du Quenya Elendil. J'ai aussi ajouté quelques lettres majuscules à des fragments d'Adûnaïque. Dans la fiction, Lowdham ne savait pas que les mots en question étaient des noms.)

Kadô Zigûrun zabathân unakkha... "Et ainsi/ [le] Magicien / humilié / il vint..."
...Êruhînim dubdam Ugru-dalad... "...[les] Eruhíni [Enfants d'Eru] / tombèrent / sous [l'] Ombre..."
...Ar-Pharazônun azaggara Avalôiyada... "...Ar-Pharazôn / guerroyait / contre [les] Valar..."
...Bârim an-Adûn yurahtam dâira sâibêth-mâ Êruvô "...[les] Seigneur de [l'] Ouest / cassèrent / la Terre/ avec [l'] assentiment / d'Eru..."
...azrîya du-phursâ akhâsada "...mers /ainsi pour s'effondrer/ dans [l'] abîme..."
...Anadûnê zîrân hikallaba... "...Númenor / [l'] aimée / elle tomba..."
...bawîba dulgî... "...[les] vents [étaient] noirs..." (lit. simplement "vents / noirs")
...balîk hazad an-Nimruzîr azûlada... "...bateaux / sept / d'Elendil / vers l'Est..."
Agannâlô burôda nênud... "Ombre de la mort/ lourd /sur nous..."
...zâira nênud... "...désir [est] / sur nous..."
...adûn izindi batân tâidô ayadda: îdô kâtha batîna lôkhî... "...ouest / [une] droite / route/ jadis / allait / maintenant / toutes / routes / [sont] courbes..."
Êphalak îdôn Yôzâyan "Au loin/ maintenant [est] / [le] Pays du Don..."
Êphal êphalak îdôn hi-Akallabêth "Lloin / très loin/ maintenant [est] / Celle-qui-est-tombée"

Il y a aussi quelques exclamations Adûnaïques faites par les membres du Notion Club "parlant dans les langues":

Bâ kitabdahê! "Ne me touchez pas!" (SD:250)
Narîka 'nBâri 'nAdûn yanâkhim. "Les Aigles des Seigneurs de l'Ouest sont à portée de main." (SD:251)
Urîd yakalubim! "Les montagnes s'écroulent!" (SD:251)

Les traductions données ici sont des phrases apparaissant avec les mots Adûnaïques. Il n'est pas explicitement établi que ce sont les traductions, mais à partir des mots Adûnaïques eux-mêmes, il semble virtuellement certain qu'elles le sont.

LA STRUCTURE DE L'ADÛNAÏQUE

Comme noté par Christopher Tolkien, son père écrivit en réalité un exposé substantiel d'Adûnaïque, nommément le Rapport de Lowdham dans SD:413-440. Cette situation est unique dans la linguistique Tolkienienne; normalement nous devons raccommoder diverses informations et analyser des échantillons dispersés dans un grand nombre d'oeuvres, l'Adûnaïque aurait été un langage que nous aurions pu utiliser avec une certaine confiance si le vocabulaire disponible n'avait pas été si petit. Comme un exposé relativement détaillé est disponible, l'étudiant sérieux se réfère à Sauron Defeated. Seule une enquête succincte des principaux points de grammaire est donnée ici, et la description de la phonologie (et de son développement) est passée sous silence. Reproduire toutes les informations du Rapport de Lowdham est inutile, puisque l'exposé de Tolkien est déjà disponible. (L'information complexe concernant les différentes classes de noms et leur inflexion aurait dû être reproduit presque mot à mot de toute façon.) Dans le cas du verbe, cependant, nous devons nous fier à notre propre analyse, car Tolkien n'atteignit jamais cette partie du langage dans son exposé. Ni le Rapport de Lowdham ne nous en disent beaucoup sur les adjectifs. Il est principalement concerné par la phonologie et la structure générale du langage, et donne ce qui semble être un exposé joliment exhaustif de comment les noms sont infléchis.

 

Structure Générale

Comme les langages sémitiques de notre propre temps, l'Adûnaïque emploie un système de bases de mots triconsonantiques, apparemment adopté du Khuzdul à un certain moment dans le passé. (Quelques bases ont seulement deux consonnes.) Mais à l'inverse du système en Khuzdul (pensons-nous), chaque base consonantique est aussi associée à certaines voyelles qui doivent être présentes quelque part dans les mots dérivés de cette base (bien qu'ils puissent être modifiés). D'où KARAB, sc. la base consonantique K-R-B avec la "voyelle caractéristique " a, signifie quelque chose de complètement différent que KIRIB - une base consonantique très distincte K-R-B qui peut être différenciée de l'autre exactement parce qu'il est lié à une autre "voyelle caractéristique", nommément i.

Normalement, la "voyelle caractéristique" (VC) apparaît entre la première et la seconde consonne de la racine. Donc la base G-M-L avec la VC i, signifiant "étoile" ou "étoiles", produit en réalité des mots comme gimli, gimlê, gimlu, gimlat, gimlî, gimlîya (SD:413), sc. le nom "étoile" dans différents cas et nombres. Mais la VC peut aussi être préfixée (IGMIL), suffixée (GIMLI) ou complètement supprimée dans sa place normale entre la première et la seconde consonne (-GMIL, avec quelque voyelle préfixée). De nouveaux mots peuvent être dérivés en bougeant la VC de place comme ceci: alors que gimli est le mot normal "étoile", igmil signifie "une silhouette en forme d'étoile" (SD:427). Mais si la VC disparaît complètement, il deviendrait impossible de différencier des mots ayant la même consonne dans la racine. La règle d'or est donc que "une des voyelles de la racine basique doit être soit la VC soit une de ses modifications normales" (SD:423, sur les pages duquel les modifications sont décrites pour ceux qui sont suffisamment intéressés).

Le Nom

Il est pratique de distinguer divers genres du nom Adûnaïque, comme dans beaucoup de langages germaniques: masculin, féminin et neutre. Cependant, l'Adûnaïque a aussi ce que l'on appelle un genre Commun. Dans des langages comme l'allemand ou les langages scandinaves, il n'y a pour la plupart pas de connexion logique entre la nature de la chose et son genre: en réalité, l'allemand Mann, Frau, Haus "homme, femme, maison" sont masculin, féminin et neutre, respectivement, mais la majorité des mots désignant des objets inanimés peuvent appartenir à chacun des genres, et il est souvent souligné que des mots comme Mädchen "fille" et Weib "femme" sont neutres plutôt que féminins. D'un autre côté, un nom sémantiquement neutre sexuellement comme Mensch "être humain" est grammaticalement parlant masculin. On ne trouve pas cette distribution arbitraire des genres en Adûnaïque. En fait Tolkien/Lowdham doutait que le mot genre doive strictement être utilisé pour les classes de noms Adûnaïques ; les classes se réfèrent directement au sexe (SD:426), ou dans le cas de neutre et de noms communs, à l'absence de sexe. Les noms masculins désignent des mots s'appliquant à des êtres mâles et leurs fonctions (comme "père"), le féminin est de la même manière pour les êtres femelles, et le neutres s'appliquent à des objets inanimés. Les seules exceptions incluent des objets inanimés étant personnifiés. Par exemple, le mot neutre pour Soleil, ûrê, devient féminin Ûrî si le Soleil est considéré comme un être féminin (influencé par le mythe Elfique que le Soleil est le dernier fruit de Laurelin porté à travers le ciel par la Maia féminine Arien). Le genre commun est utilisé dans le cas de noms qui ne sont pas caractérisés par le sexe, comme anâ "être humain" et des noms d'animaux (quand ils ne sont pas spécialement caractérisés; karab "cheval" est commun, mais karbû "étalon" et karbî "jument" sont logiquement masculin et féminin, respectivement). Le genre masculin est souvent associé aux consonnes finales -k, -r, -n, -d; cf. noms masculins comme Gimilkhâd, Gimilzôr, Pharazôn. Le genre féminin est associé avec -th, -l, -s, -z; cf. des noms féminins comme Inzilbêth, Zimraphel. (Mais ces règles ne sont pas absolues, spécialement dans le cas de noms personnels; Azrubêl, la traduction Adûnaïque du Quenya Eärendil "Amoureux de la Mer, n'est évidemment pas un nom féminin.) Des noms communs et neutres sont moins bien définis dans leur forme, mais Tolkien/Lowdham présente quelques règles générales dans SD:427, comme des noms communs préférant la voyelle -a, â dans la dernière syllabe.

Plus fondamental que les quatre "genres" est la division de tous les noms en fort et faible: "des noms forts forment le pluriel, et dans quelques cas certaines autres formes, par la modification de la dernière voyelle de la racine. Les noms faibles ajoutent des inflexions dans tous les cas" (SD:425).

Le nom Adûnaïque est infléchi pour trois nombres: singulier, duel et pluriel. De plus, ils est infléchi pour trois formes qui peuvent être appelées cas: Une forme appelée normale, une forme subjective et une forme objective. Pour des informations plus détaillées sur les diverses classes de noms et leurs inflexions, voir SD:436-438.

Comme le nom le suggère fortement, le Normal est la forme basique, non infléchie du nom. En d'autres mots, le Normal singulier n'est pas marqué morphologiquement comme tel par aucun affixe. Le Normal est utilisé dans des cas où la grammaire Adûnaïque ne demande ni le subjectif ni l'objectif (voir ci-dessous). Le Normal est typiquement utilisé quand le nom est l'objet ou le prédicat de la phrase, comme dans Ar-Pharazônun Bâr "Roi Pharazôn [est] Seigneur", Bâr "Seigneur" apparaissant à la forme Normale parce que c'est le prédicat. Il est possible d'utiliser un nom Normal comme sujet de la phrase, mais dans ce cas le verbe suivant doit avoir des préfixes pronominaux. Le duel Normal est construit en ajoutant la terminaison -at, ainsi le duel de huzun "oreille" est huznat "deux oreilles". (Il sera noté que la voyelle de la syllabe précédant la terminaison -at peut disparaître, en produisant de ce fait un nouveau groupe consonantique, comme zn dans ce cas - mais ceci dépend à quelle classe le nom appartient; des longues voyelles ne sont pas perdues). Le pluriel Normal est formé en introduisant la longue voyelle î dans la syllabe finale, le pluriel de huzun étant huzîn "oreilles". (Dans quelques classes de noms, î est ajouté au nom comme nouvelle syllabe finale, comme dans batân "route", pl. batâni - mais aussi batîna.) Notez la distinction entre le duel et le pluriel: On pourrait penser que le duel désigne simplement deux choses et que le pluriel désigne trois choses ou plus, mais ce n'est pas si simple que cela. Le duels sont utilisés dans le cas de paires naturelles, comme huznat "deux oreilles (d'une seule personne)". Si nous coupons une des oreilles de Dick et que nous la mettons sur la table avec une des oreilles de Tom, les Núménoréens auraient dit que huzin et pas huznat étaient sur la table: les oreilles ne constituant pas une paire naturelle. Seulement dans le langage archaïque le duel était utilisé en référence à deux choses qui ne se trouvaient ensemble qu'occasionnellement.

Le subjectif est la forme qu'a un nom quand il est le sujet d'un verbe; d'où la dénomination. Il est aussi utilisé quand un nom est en apposition à un autre nom, comme dans Ar-Pharazôn kathuphazgânun "Roi Pharazôn le Conquérant" (par opposition à la phrase nominale Ar-Pharazônun kathuphazgân "Roi Pharazôn [est/était] un conquérant", avec le prédicat kathuphazgân "conquérant" dans la forme Normale). La forme peut être construite de différentes manières, dépendant de la classe à laquelle le nom appartient. De forts neutres génèrent certains changements de voyelles internes, comme zadan "maison" devenant zadân, khibil "source" devenant khibêl et huzun "oreille" devenant huzôn. (Ces formes sont finalement des produits d'infixion a ou, pour utiliser le terme de Lowdham, "une fortification a-": Les formes infléchies représentent *zadaan, *khibail, *huzaun, aa devenant un long â et ai, au étant monophtonguisé en long ê, ô.) Les neutres faibles prennent la terminaison -a, l'élément qui était infixé dans les noms forts étant suffixé à la place. Mais le subjectif des noms masculins et féminins est formé simplement en ajoutant les terminaisons -un et -in, respectivement: Ar-Pharazônun azaggara avalôiyada, "roi Pharazôn était en train de guerroyer contre les Valar", *Zimraphelin banâth 'nAr-Pharazôn "Zimraphel [est] la femme du Roi Pharazôn". (Ce dernier exemple que j'ai dû construire moi-même, parce que Tolkien/Lowdham ne fournit pas d'exemples de subjectif féminin en -in. Comme observé par Erendis dans UT:207, nous n'entendons pas parler beaucoup des femmes Núménoréennes!) Il sera noté que bien que le verbe "est" est supposé être en Adûnaïque, son sujet apparaît toujours dans la forme subjective. Les noms communs prennent la terminaison -(a)n au subjectif singulier. Le subjectif pluriel est formeé en ajoutant la terminaison -a dans le cas de noms neutres et -im sinon; le duel allonge le -at du Normal en -ât.

L' objectif n'est pas une forme indépendante du nom, mais apparaît seulement dans des composés. Il est formé en ajoutant un u au nom, comme infixe ou suffixe, remplaçant souvent une autre voyelle ou causant la disparition de la voyelle de la syllabe précédente: les objectifs de minal "ciel", azra "mer", huzun "oreille", batân "route" sont minul, azru, huzun/huznu, batânu, respectivement. Ll'objectif est utilisé comme premier élément dans des composés quand le second élément désigne un agent qui fait quelque chose au premier élément. Par exemple, le Quenya Eärendil "Amoureux de la Mer" se traduit en Adûnaïque par Azrubêl avec azra "mer" dans sa forme objective azru parce que la mer est l'objet de l'amour de "l'amoureux". Azrabêl avec "mer" dans la forme normale signifie toujours "Amoureux de la Mer", mais dans le sens de "amoureux qui vient de la mer" ou quelque chose de similaire. Quelques fois la relation "objet" entre le premier et le second élément du composé peut être quelque peu bancal. Dans l'équivalent Adûnaïque du Quenya Meneltarma, le Pilier du Ciel, minal "ciel" apparaît dans sa forme objetive minul: Minultârik. L'idée est que le târik ou pilier supportant le ciel, ainsi le ciel est d'une certaine manière l'objet que le pilier "fait". - L'objectif n'a pas de forme plurielle ou duelle; c'est toujours singulier. D'où la version Adûnaïque du titre de Varda "Allumeuse d'Etoiles" n'est pas Gimlu-nitîr avec gimli "étoile" dans sa forme objective gimlu, parce que cela signifierait "allumeuse d'une étoile (unique, particulière) ". La forme utilisée est Gimilnitîr, gimil "étoiles" étant un non-infléchi collectif (d'où grammaticalement "singulier"). Voir SD:427-428. Il y a, cependant, quelques composés dans notre corpus où l'objectif préfixé semble avoir un pluriel ou au moins une signification sans nombre ; voir les entrées Ar-Balkumagân et Nimruzîr dans la liste de mots ci-dessous. Peut-être que Tolkien révisa la grammaire pour que l'objectif puisse quelques fois être sans nombre plutôt que strictement singulier.

L'Adûnaïque n'a pas de vrai génitif. A la place, des composés sont souvent utilisés; "le Pays d'Aman" peut être exprimé par ce qui correspond à "le Pays Aman". La possession est typiquement exprimée par le préfixe an- "à, de", souvent réduit en 'n: comme dans Bâr 'nAnadûnê, "Seigneur d'Anadûnê", Narîka 'nBâri 'nAdûn "Les Aigles des Seigneurs de l'Ouest" (SD:251, 428).

Affixes Prépositionnels

Le Rapport de Lowdham mentionne quelques éléments 'prépositionnels' "adverbiaux ": ô "de", ad, ada "vers", "avec", "à". Ces éléments sont suffixés à la forme "normale" du nom;dans le Rapport de Lowdham, ils ne sont pas comptés comme terminaisons de cas . Un élément prépositionnel supplémentaire est apparemment dalad "sous", comme dans ugru-dalad "sous [l'] Ombre". Ce dalad peut incorporer -ad "à, vers", quand le contexte montre que la signification n'est pas une position stationnaire sous l'Ombre, mais un mouvement vers la position sous elle: Êruhînim dubdam ugru-dalad, "les Eruhíni tombèrent sous l'Ombre".

Nous avons différents exemples de ada "à, vers, contre, dans, dans la directions de": Avalôiyada "contre [les] Valar", akhâsada "dans [l'] abîme", azûlada "vers l'est". Il y a des exemples de "avec" et ô "de" dans la phrase sâibêth-mâ Êruvô "avec [l'] assentiment de [lit. depuis] Eru". Dans les deux Avalôiyada et Êruvô une consonne de glissement apparaît entre les voyelles finales i et u des racines du nom et les éléments suffixés : y et v, respectivement. Voir SD:424.

La particule "génitive" an, 'n discutée ci-dessus peut être considérée juste comme un autre affixe prépositionnel, bien que préfixé au lieu d'être suffixé.

 

L'adjectif

Des adjectifs attestés incluent des mots comme izindi "droit", burôda "lourd", êphalak "lointain" (doublement emphatique êphal êphalak "très très lointain"), et aussi (dans SD:435) anadûni "occidental, de l'ouest". On ne connaît pas comment des formes comme le comparatif ou le superlatif sont formées, si l'Adûnaïque a de telles formes. Contrairement à la situation dans des langages comme l'allemand, "il n'y a pas de forme d'adjectif m[asculine,] f[éminine] ou n[eutre]" (SD:425). Mais il apparaît que l'adjectif s'accorde en nombre avec le nom qu'il décrit: Les adjectifs dulgî "noir" et lôkhî "tordu" montrent la terminaison î, un marqueur Adûnaïque pluriel. Les noms qu'ils décrivent sont aussi pluriels: bawîba dulgî "noirs [étaient les] vents", kâtha batîna lôkhî "toutes les routes [sont] courbes".

On ne peut apprendre que peu de choses au sujet de la formation de l'adjectif. L'adjectif anadûni "occidental" est formé à partir du nom adûni "l'Ouest". Comme an est une particule signifiant "de", anadûni est littéralement *"de l'Ouest", mais il peut être pris comme un adjectif et infléchi comme tel. Le Roi Ar-Pharazôn est appelé "le Doré" dans l'Akallabêth, et pharaz signifie or. Si pharazôn est le mot pour "doré", la terminaison -ôn doit être un indicateur d'adjectif. Mais il peut aussi être un nom dérivé de pharaz, littéralement *"Le Doré"; -ôn est en fait listé comme une terminaison nominale dans SD:425.

On nous a dit que "les adjectifs normalement précèdent les noms" (SD:428). Bawîba dulgî "vents noirs" ne signifie pas "des vents noirs", c'est une phrase nominale qui signifie "[les] vents [étaient] noirs" (SD:iii).

L'Adverbe

Deux adverbes apparaissent dans notre petit corpus: tâidô "une fois, autrefois " et îdô "maintenant", ce dernier avec la forme variante îdôn. Il apparaît que la forme avec un n final est utilisé devant des mots commençant par une voyelle (y compris la semi-voyelle Y: îdôn Yôzâyan). Le nom Adûn "Ouest" peut évidemment être utilisé dans le sens adverbial/allatif "vers l'ouest". La particule "ne...pas, *pas" (SD:250) peut aussi être classée comme un adverbe.

Le Participe

Nous avons deux exemples de participes passés en -ân: zabathân "humilié" et zîrân "aimé". Cette terminaison est certainement apparentée au Quendien Primitif *-nâ, Quenya -na ou -ina. Tous les deux participes suivent le mot qu'ils décrivent.

Numéraux

Seulement deux numéraux sont connus. satta "deux" et hazid "sept" (SD:427, 428, hazad dans SD:247). La base pour "un" est censée être ?IR (SD:432, ? = occlusive glottale), d'où le nom divin Êru, L'Unique (Quenya Eru), mais la forme réelle du numéral "un" n'est pas donnée. On nous a dit que tous les numéraux cardinaux excepté "un" sont en réalité des noms. Ils suivent leurs noms: gimlî hazid "septs des étoiles" = sept étoiles.

Pronoms

Aucun pronom indépendant Adûnaïque n'est connu, bien qu'ils doivent avoir existé. Quelques éléments pronominaux peuvent être isolés à partir de verbes; voir ci-dessous. SD:425 établit que l'Adûnaïque "distingue les genres (ou plutôt le sexe) dans les pronoms de la troisième personne", et selon SD:435 u et i "sont les bases des racines pronominales pour 'il' et 'elle' " - mais on ne sait pas clairement quels sont les mots réels pour "il" et "elle". Hi-Akallabêth est traduit "Elle-qui-est-tombée" (SD:247), suggérant que "elle" est hi. Est-ce que "il" pourrait être *hu? (Comparez l'hébreu hu' "il", hi' "elle".) Le mot nênud est traduit "sur nous"; peut-être que "nous" est *nên? (Voir aussi la liste des préfixes pronominaux dans la section sur le verbe ci-dessous.)

Le verbe

Christopher Tolkien extrait l'information suivante de quelques notes que son père fit concernant le verbe Adûnaïque : "Il y avait trois classes de verbes: I biconsonantiques, comme kan 'tenir'; II triconsonantiques, comme kalab 'chuter'; III Dérivatifs, comme azgârâ- 'faire la guerre', ugrudâ- 'ombrager, se couvrir'. Il y avait quatre temps: (3) (passé) continu ; (4) le passé ('souvent utilisé comme plus-que-parfait quand l'aoriste est utilisé = passé, ou comme futur quand l'aoriste = futur'). Le futur, le subjonctif, et l'optatif étaient représentés par des auxiliaires ; et le passif était traduit par des formes verbales impersonnelles 'avec un sujet à l'accusatif'." (SD:439; (1) l'aoriste ('correspondant au "présent", mais utilisé plus souvent que celui-ci comme présent historique ou passé dans les récits '); (2) le (présent) continu ; qui est appelé ici "accusatif" doit être la forme "Normale" du nom.) d'où, l'Adûnaïque exprimait une construction passive comme "il était vu " par ce qui correspond à "le vit", i.e. "[quelqu'un] le vit".

Les "dérivatifs" à qui on se réfère sont évidemment des verbes dérivés des noms; ugrudâ- "ombrager, se couvrir" est clairement dérivé de ugru "ombre". Azgârâ- "faire la guerre" incorpore probablement un nom "guerre" (azgâ? azgâr?).

Voici les verbes infléchis qui apparaissent dans le Rapport de Lowdham et dans les formes finales des fragments de l'Adûnaïque (je donne le sujet des verbes parce que le verbe peut d'une façon ou d'une autre s'accorder avec son sujet).

verbes traduits par le passé:

unakkha "il vint". Evidemment une forme de NAKH "venir, s'approcher".
dubdam "[les Eruhíni] tombèrent"
yurahtam "[les Seigneurs de l'Ouest] brisèrent"
hikallaba "elle-tomba" (elle = Númenor)
ukallaba "[le Seigneur] tomba" Bâr ukallaba "le Seigneur tomba", bârun (u)kallaba "c'était le Seigneur qui tomba" (voir SD:429). Ce sont des formes de KALAB, SD:416, 439.
ayadda "[la route droite] alla".
usaphda "il comprit" (base SAPHAD, SD:421)

Il y a aussi le passé continu dans azaggara "[Ar-Pharazôn] était en train de guerroyer".

Il y a seulement quelques verbes qui sont traduits par le présent:

yanâkhim. "[les Aigles] sont à portée de main." (SD:251) Le verbe yanâkhim, ici traduit "sont à portée de main", est clairement dérivé de la base verbale NAKH "venir, approcher" (SD:416).
yakalubim "[les montagnes] s'inclinent." évidemment une forme de KALAB "tomber". (SD:251)

Il y a un exemple de ce qui semble être une sorte de subjonctif : du-phursâ "[mers] que jaillisse ainsi".

Il y a un exemple d'un impératif: Bâ kitabdahê! "ne me touchez pas!" (SD:250) est la négation "pas"; les parents Elfiques sont connus (WJ:370-371).

Avant ceci nous puissions analyser les formes verbales elles-mêmes, différents affixes doivent être identifiés et la forme verbale basique isolée.

Les verbes pluriels montrent la terminaison -m: yanâkhim "(ils) approchent", yakalubim "(ils) s'effondrent", dubdam "(ils) tombent", yurahtam "(ils) brisèrent". (Nous pouvons ajouter nam "sont" à partir d'une forme antérieure du fragment donné dans SD.312, clairement apparenté à la base Elfique NA "être", LR:374.)

Beaucoup de verbes ont des préfixes pronominaux . Ils sont traduits par des pronoms seulement quand le sujet du verbe n'est pas exprimé par un mot séparé :

u- "il" dans unakkha "il vint", ukallaba "[il] tomba", usaphda "il comprit".
hi- "elle" dans hikallaba "elle-tomba" (comparez ukallaba ci-dessus)
yu- et ya- "ils/elles": yurahtam "(ils) brisèrent" (ils = les Seigneurs de l'Ouest), yanâkhim *"(ils) arrivent" (ils = les Aigles), yakalubim "(elles) s'effondrent" (elles = les montagnes). Concernant des distinctions possibles entre yu- et ya-, voir la note ci-dessous.
ki- "tu/vous"? dans Bâ kitabdahê "ne me touchez pas" (voir ci-dessous).
a- "cela"? dans ayadda "alla", le sujet étant un objet inanimé (une route).

Ces éléments doivent être préfixés au verbe quand leurs sujets apparaissent au cas Normal (ce sujet doit immédiatement précéder le verbe). Les préfixes pronominaux peuvent aussi être employés dans des cas où le sujet apparaît au subjectif (comme dans Bârim an-Adûn yurahtam dâira "les Seigneurs de l'Ouest brisèrent la Terre"), mais ne sont pas requis.

NOTE: En me basant sur l'exemple dubdam "[ils] tombèrent", j'arguais dans des versions antérieures de cet article que du- pouvait signifier "ils", mais comme Matthieu Kervran me le fit remarquer, le du- fait probablement partie d'une base *DUBUD "tomber". J'avais supposé que la racine était *BADAM, mais la terminaison -am est probablement flexionnelle (composée d'un marqueur du passé *-a et d'un marqueur pluriel *-m, à comparer avec -am dans yurahtam "ils brisèrent"). Le sujet du verbe dubdam, nommément Êruhînim, apparaît au cas subjectif, ainsi on ne devrait pas avoir besoin d'un préfixe pronominal. - Les deux différents préfixes pour "ils/elles", yu- et ya-, peuvent bien correspondre aux terminaisons u- "il" et a- *"cela", d'où, yu- se réfère à un groupe masculin (le sujet de yurahtam étant les Seigneurs de l'Ouest), alors que ya- se réfère à un groupe de choses ou d'animaux (les sujets de yakalubim et yanâkhim étant des montagnes et des aigles, respectivement). Peut-il y avoir un préfixe *yi- (pour *yhi-) signifiant "ils" en parlant d'un groupe féminin, correspondant au sg. hi- "elle"?

Dans notre unique exemple d'un impératif, le cribâ kitabdahê! "ne me touchez pas!" (250), signifie évidemment "ne...pas". Kitabdahê, donc, doit signifier "touchez moi". Il se peut que la base pour "toucher" soit *TABAD, représentée ici par -tabda-, avec un préfixe pronominal ki- *"tu/vous" (listé ci-dessus) et un suffixe -hê "moi". Mais il a aussi été suggéré que -est une terminaison impérative, et que la signification littérale de bâ kitabdahê est simplement *"pas vous toucher". Alors que presque tous les éléments pronominaux connus de l'Adûnaïque peuvent être comparés aux éléments Elfiques de même signification, il n'y a pas d'éléments Quendiens de la première personne, même lointainement similaire à -. Ce fait peut supporter la dernière interprétation de ce suffixe.

En enlevant les préfixes pronominaux et le marqueur pluriel -m quand c'est nécessaire, nous arrivons aux formes basiques suivantes:

Traduits par le présent: nâkhi "est à portée de main, *vient" (base NAKH "venir, approcher"), kalubi "tombe" (base évidemment KALAB "tomber"). Il se peut que le i fasse partie en réalité de la terminaison plurielle -im (comparez la terminaison subjective plurielle dans Bârim "Seigneurs"), ainsi les formes verbales sont simplement nâkh, kalub - mais il n'y a pas de preuves d'autres manières, et le système serait plus symétrique si nous supposons que le -i fait partie de la forme basique infléchie du verbe.

Traduits par des constructions du passé ou passé continu : nakkha "vint" (base NAKH "venir approcher"), dubda "tomba" (base *DUBUD), rahta "brisa" (*RAHAT), kallaba "tomba" (KALAB), yadda "alla" (*YAD), azaggara "était en train de faire la guerre" (censé être une verbe dérivé, la forme basique étant donnée comme azgârâ- dans SD:439).

Subjonctif probable: du-phursâ "que jaillisse ainsi" (*PHURUS).

Impératif: tabda ou tabdahê.

Une interprétation plutôt expérimentale:

La forme du "présent continu" de bases biconsonantiques est formé par fortification-A de la voyelle radicale (tournant de a, i, u en â, ê, ô) et la terminaison -i. d'où nâkhi "est à portée de main, *vient" de NAKH. (Nous devons supposer qu'une racine comme ZIR "amour" aurait le présent *zêri, alors que RUTH "balafrer" aurait le présent *rôthi.) Les bases triconsonantiques forment évidemment leur présent d'après le modèle 1-VC-2-U-3-I (sc. en plaçant la voyelle caractéristique entre les deux premières consonnes, en insérant la voyelle u entre la seconde et la troisième consonne et en ajoutant la terminaison -i). d'où kalubi "tombe, *est en train de tomber" de KALAB "tomber". Aucun exemple ne montre comment le présent d'un verbe dérivé est formé.

Le passé d'une base biconsonantique est formé en doublant la consonne finale et en ajoutant la terminaison -a. d'où NAKH "venir, approcher" a le passé nakkha (KH produisant le kkh aspiré, sc. k + (le son allemand) ach, quand il est doublé). La forme yadda "alla" représente évidemment un simple doublement d > dd (racine *YAD). Quand cela se produit au passé de bases triconsonantiques , deux modèles distincts figurent dans le matériel. Toutes les formes montrent la terminaison -a, juste comme les passés des bases biconsonantiques , mais le comportement de la seconde consonne de la racine diffère. Trois verbes sont dérivés sur le modèle 1-VC-23-A, sans voyelle entre la seconde et la troisième consonne: saphda "comprit" (SAPHAD), dubda "tomba" (*DUBUD) et rahta "brisa" (*RAHAT). Mais le verbe kallaba "tomba" de KALAB se comporte différemment, à l'évidence un modèle 1-VC-22-VC-3-A à la place: La seconde consonne est doublée et la voyelle caractéristique persiste devant la dernière consonne de la racine. Est-ce réellement la même forme passée que ci-dessus? Est-ce que la forme du temps de KALAB qui correspond à saphda, dubda, rahta n'est pas plutôt kalba, et est-ce que les formes de SAPHAD et *DUBUD qui correspondent à kallaba ne seraient pas plutôt sapphada et dubbuda? Tolkien utilisa kalba avant qu'il ne change la forme en kallaba (avec le préfixe hi- pour "elle" dans les deux cas); voir SD:288. Est-ce qu'il changea le temps ou révisa la grammaire? Je suspecte qu'il décida simplement d'utiliser un autre temps. Pourquoi peut-il y avoir deux formes qui se traduisent toutes deux par le passé ? Tolkien nota qu'à côté de la forme du passé continu, l'Adûnaïque a un aoriste "correspondant au 'présent', mais utilisé plus souvent que lui comme présent historique ou passé dans les récits" (SD:439). Il se peut, alors, qu'une de ces formes de "passé" que nous avons identifiées représente l'aoriste utilisé comme passé dans les récits, alors que l'autre forme de "passé" est le passé continu. Dans ce cas, lequel est lequel? Notre unique exemple infléchi d'une verbe dérivé, azaggara "était en train de guerroyer", semblerait à cause de sa traduction être une forme de passé continu. La forme plus basique est donnée dans SD:439 comme azgârâ- "faire la guerre, guerroyer ". De manière intéressante, la forme continue double la seconde consonne g. Est-ce que nous oserions assigner une signification continue à tous les verbes qui doublent la seconde consonne de la racine, ainsi nakkha, yadda, et kallaba signifieraient *"était en train de venir", *"était en train d'aller ", *"était en train de tomber" plutôt que simplement "vint, alla, tomba"? Et de la même manière, oserions-nous déclarer que saphda, dubda et rahta sont des aoristes? (correspondant aux formes du passé continu *sapphada, *dubbuda etc.)

Le seul exemple d'un subjonctif, censé, dans SD:439, être formé par une espèce d'auxiliaire, est du-phursâ "que jaillisse ainsi". Est-ce que l'élément préfixé du- représente l'auxiliaire? Phursâ, représentant clairement une racine triconsonantique *PHURUS "jaillir", est par lui-même similaire à la forme identifiée expérimentalement comme un aoriste ci-dessus - excepté pour l'allongement de la voyelle finale. Ce subjonctif ne prend pas la terminaison plurielle -m, même si son sujet est pluriel (dans ce cas "mers").

Le verbe impératif dissimulé dans la phrase bâ kitabdahê "ne me touchez pas" est soit tabdahê soit tabda, cela dépend s'il prend la terminaison - pour être une terminaison impérative ou un suffixe pronominal "moi". Tabda (apparemment représentant une base triconsonantique *TABAD) est de nouveau similaire à la forme expérimentale identifiée ci-dessus comme l'aoriste. Nous devons conclure que l'impératif Adûnaïque est soit identique en forme à l'aoriste soit qu'il est formé en ajoutant le suffixe - à l'aoriste.

Ceci conclut notre discussion de la grammaire Adûnaïque.

LISTE DE MOTS ADÛNAÏQUES

Dans quelques cas, aucune définition ne peut être donnée; Tolkien/Lowdham mentionne simplement un forme de mot pour illustrer quelque point concernant la phonologie ou la dérivation, mais ne traduit pas le mot en question. Les longues voyelles sont marquée par des circonflexes; la source principale (Le Rapport de Lowdham) utilise des macrons à la place, mais des circonflexes sont utilisés dans les textes des récits. A moins qu'il en soit autrement, le nombre de pages se réfère à Sauron Defeated. Les digraphes th, ph, kh représentent des spirantes (th comme dans think, ph = f et kh = le son allemand ach), alors que tth, kkh sont des aspirées (t + th, k + kh); pph, sans exemples, est similairement p + f (voir SD:419). Les "Bases" sont en lettres majuscules. Les formes antérieures des "fragments" de Lowdham's (SD:311-312), rendus obsolètes par les révisions de Tolkien qui suivirent, sont exclues. Ainsi il y a quelques autres formes et noms qui semblaient ne pas être valides au moment où Tolkien abandonna l'Adûnaïque. Quelques formes obsolètes sont mentionnées sous l'entrée pour la forme qui les remplaça, mais elles ne sont pas données comme entrées séparées. Concernant les noms des rois Númenoréens, des références de pages sont données dans les Unfinished Tales plutôt que dans l'Appendice A du SdA , puisque beaucoup de copies de UT ont une pagination uniforme .


          -a terminaison subjective pour les Neutres pl (430)
          abâr "force, endurance, fidélité" (431). Evidemment en relation avec bâr "seigneur".
          -ad, -ada "vers" (affixes post-positionnels) (429) Cf. Avalôiyada, akhâsada.
          Adrahil nom masculin (PM:439), remplaça Agrahil.
          adûn "ouest, vers l'ouest" (247, 435)
          Adûnâim *"Númenóréens", ou peut-être plutôt *"Dúnedain" (426)
          agan "mort", personnifiée Agân "Mort" (426; masculin quand elle personnifiée, sinon neutre). Cf. agannâlo "ombre de mort" (247)
          Agathurush *"Pays de marais de l'Ombre" = Sindarin Gwathló (UT:263)
          Aglahad nom masculin (PM:440)
          AK(A)LAB(A), (A)KALBA évidemment modifications de KALAB, non traduit(418).
          Akallabêth "Elle-qui-est-tombée" (312) (aussi hi-Akallabêth), nom pour Númenor engloutie.
          akhâsada "dans [l'] abîme" (247). (Incorpore -ada; d'où *akhâs "abîme"?)
          Alkarondas "Château de la Mer", nom du bateau d'Ar-Pharazôn (PM:156, écrit Alcarondas dans SD:385). Semble avoir remplacé Aglarrâma de même signification. D'autres prennent Alcarondas comme étant une forme Quenya propre, traduction du nom Adûnaïque réel Aglarrâma - mais aucun nom n'est facile à faire correspondre à la traduction (?) "Château de la Mer".
          Amatthâni "Pays d'Aman" (assimilé à partir de Amân-thâni) (435)
          ammî, ammê "mère" (434)
          an préfixe adjectival avec une signification génitive, "de", souvent réduite en 'n: (435): Narîka 'nBâri 'nAdûn "Les Aigles des Seigneurs de l'Ouest" (251), thâni anAmân, thâni n'Amân "Pays d'Aman" (435) (aussi Amatthâni).
          -an terminaison subjective pour des noms Communs (aussi -n) (430)
          anâ "être humain" (426, 434, complètement infléchi dans 437); masculin anû "un mâle, man", féminin anî "une femme" (434) (mots plus techniques que naru, kali "homme, femme ").
          Anadûnê "Westernesse, Númenor" (247, 426)
          anadûni "ouest (adj)" (426, 435)
          Ar-Abattarîk "Tar-Ardamin" (UT:222). Adûnaïque *Abatta = Quenya Arda?
          Ar-Adûnakhôr "Tar-Herunúmen", Le Seigneur de l'Ouest (UT:222)
          Ar-Balkumagân "Tar-Ciryatan", *"Roi Constructeur de Navires" (PM:151). Etonnamment, le nom semble incorporer l'objectif de *balak "bateau", bien que ceci signifie "constructeur de bateau (particulier) ", puisque l'objectif n'a pas de forme plurielle. Tar-Ciryatan "construisit une grande flotte de bateaux royaux" (UT:221), pas seulement un. Cf. Gimilnitîr vs. Gimlu-nitîr; mais pour un autre exemple d'un "pluriel" ou innombrable objectif voir Nimruzîr. Est-ce que Tolkien rejeta l'idée que l'objectif soit seulement singulier?
          Ar-Belzagar "Tar-Calmacil" (UT:222). Le nom Quenya semble incorporer macil = "épée", Adûnaïque *zagar? (Cet élément devrait en tout cas être en relation avec le verbe azgarâ- "faire la guerre, guerroyer".) Beaucoup moins probablement, le nom Quenya pourrait contenir calma "lampe" = Adûnaïque *bel or *belza?
          Ar-Gimilzôr "Tar-Telemnar" (UT:223). Telemnar peut signifier *"flamme d'argent", mais le nom Adûnaïque semble incorporer gimil "étoiles".
          Ar-Inziladûn "Tar-Palantir". (UT:223) Le nom Quenya signifie "celui qui voit au loin", mais l'Adûnaïque Inziladûn signifie "Fleur de l'Ouest" (UT:227).
          Arminalêth = Quenya Armenelos, nom d'une ville (PM:145).
          Ar-Pharazôn "King Pharazôn, Tar-Calion" (435). De pharaz. subjectif Ar-Pharazônun (247). Ar-Pharazôn kathuphazgânun "Roi Pharazôn le Conquérant" (429)
          Ar-Sakalthôr "Tar-Falassion" (UT:223) Le nom Quenya semble incorporer falassë "rivage" = Adûnaïque *sakal?
          Ar-Zimraphel "Tar-Míriel" (UT:224), voir Zimraphel. Remplaça Zimrahil, PM:155.
          Ar-Zimrathôn "Tar-Hostamir" (UT:223). Le nom Quenya incorpore mir (mírë) "joyau" = Adûnaïque *zimra; cf. Zimraphel = Míriel.
          Âru "Roi", Âru n'Adûnâi "Roi des Anaduniens" (429)
          ASAD ??? (421)
          Asdi ??? Souvent prononcé azdi. Un dérivé sur la base ASAD. (421)
          -at terminaison duelle(429)
          ATLA ??? aussi dans la forme TAL(A). (418)
          attû, attô "père" (434)
          Avalê "déesse, *Valië" (428)
          Avalôi "*les Valar, Pouvoirs" (305), subjectif pl. Avalôim (241); Avalôiyada "contre [les] Valar" (247), incorporant -ada.
          Avallôni "*Avallónë" (241, 305)
          Avradî "Varda" (428)
          ayadda "allait" (247)
          azaggara "guerroyait", évidemment une forme de azgarâ- (247 cf. 439)
          azar "étoile" - ainsi selon PM:372, mais dans le Rapport de Lowdhamle mot pour "étoile" est gimli, et azra (dans SD:431 azar, changea plus tard) signifie "mer".
          azgarâ- "guerroyer" (439), cf. azaggara et Ar-Belzagar.
          azra "mer", complètement infléchi dans 431. objectif azru- dans Azrubêl (q.v.); subjectif pl. azrîya dans 247; aussi dans azra-zâin "pays de mer" (435).
          Azrubêl "Amoureux de la mer" (= Quenya Eärendil) (429, 305)
          azûlada "vers l'est" (247), incorporant -ada.
          "ne--pas!" (250)
          *balak "bateau" (pl. balîk, q.v.), objectif balku- dans Ar-Balkumagân, q.v. Cf. huzun "oreille", pl. huzîn, objectif huznu (430).
          balîk "bateaux" (247). Sg. *balak?
          banâth "épouse" (complètement infléchi dans 437)
          Bâr "Seigneur" (428, complètement infléchi dans 438), subjectif bârun dans 429; Barîm an-Adûn "[les] Seigneurs de [l'] Ouest", les Valar. (247) Ici le subjectif pluriel est barîm; à la p. 438 il est donné comme bârîm, cela serait plus correct.
          batân "route, chemin", pl. batîna (247, complètement infléchi dans 431; notez la Note 16 de la p. 435)
          *bawâb "vent" (voir bawîba)
          bawîba "vents", subjectif pl. (247) Sg. *bawâb? (Cf. batân "route", pl. batîna.)
          bêth "expression, parole, mot" (mais agental "diseur" comme l'élément final dans des composés, comme dans izindu-bêth). (427)


          BITH "dire" (416)
          burôda "lourd" (247)
          dâira "Terre" (247)
          dâur "obscur" (avant *daw'r) (423)
          DAWAR *"obscur" (voir dâur)
          dolgu "nuit" (avec des connotations malfaisantes- par opposition à lômi) (306)
          dubdam "tombèrent" (pl. verbe) (247)
          dulgî "noir" (pl.) (247) évidemment de la même base que dolgu "nuit".
          du-phursâ "même chose que jaillir" (247)
          êphalak "au loin"; êphal êphalak "très très loin " (247)
          Êru "l'Unique", Dieu (Quenya Eru); Êruvô "de Êru" (248, 249); Êruhînim = Quenya Eruhíni, "les enfants de Dieu" (247 cf. 249)
          gimil "étoiles", un collectif non-infléchi se référant au ciel étoilé en général. (427) Gimilnitîr "Allumeuse d'étoiles" = Quenya Elentári, titre de Varda (428). Gimlu-nîtir "allumeuse d'étoiles (particulières) ", mauvaise traduction délibérée de Elentári pour illustrer le point de vue que l'objectif est toujours singulier (428).
          Gimilkhâd nom masculin, semble incorporer gimil "étoiles" (UT:223)
          GIMLI ??? formes variantes et dérivés sont listés dans 425. 434 donne GIM'L, plus un derivé GAIMAL (434).
          gimli "étoile", pl. gimlî (427). complètement infléchi dans 431.
          hazad "sept" (247). Toute connexion avec le Khuzdul Khazâd "Nains", étant donné que les Nains étaient divisés en Sept Maisons? (427, 428 donne hazid.)
          hi-Akallabêth "Elle-qui-est-tombée", Númenor. (247)
          hikallaba "elle tomba" (247)
          huzun "oreille", duel huznat "deux oreilles" (428), complètement infléchi dans 430, voir aussi la note 15 de la p. 435.
          Îbal nom masculin (UT:194)
          idô "maintenant", évidemment idôn quand le mot suivant commence par une voyelle (247)
          IGIML ??? formes variantes et dérivés sont listés en 422-423.
          igmil "silhouette de la forme d'une étoile", pl. igmîl (427)
          -im terminaison subjective plurielle pour tous les autres noms sauf les Neutres (430). évident dans Adûnâim, Avalôim, q.v.
          Imrahil nom masculin (UT:246), identifié comme un nom Númenoréen dans le SdA Appendice E.
          Imrazôr nom masculin (UT:447)
          -in terminaison subjective pour des féminins faibles (430).
          Indilzar "Elros" (PM:164)
          inzil "Fleur", isolé de Inziladûn "Fleur de l'Ouest" (UT:227) et Rothinzil "Fleur d'Ecume"; cf. aussi le nom féminin Inzilbêth ("Diseur de Fleur"???) mentionné dans l'Akallabêth.
          izindi "étroit" (247)
          izindu-bêth "diseur de vérité, prophète" (427)
          izrê (< izrêi < izrêyî) "aimé" (424, traduit et complètement infléchi dans 438). De la base ZIR.
          ?IR "un, seul " (? = consonne glottale ) (432)
          kadar "cité"; kadar-lâi "peuple de la cité" (435)
          kadô "et ainsi " (247)
          KALAB "tomber" (416); kalab "tomber par terre" (439)
          kali "femme" (434)
          kallaba "tomba", une forme de KALAB (429)
          kan "tenu" (439)
          KARAB ??? (415) La base de karab?
          karab "cheval" (pl. karîb) (434). Masculin karbû "étalon" (434, 435), féminin karbî "jument" (434).
          kâtha "tout" (247)
          kathuphazgân "conquérant", subjectif kathuphazgânun (429). Ce mot semble incorporer l'objectif de (un mot en relation avec) kâtha "tout" ci-dessus. Est-ce qu'un "conquérant" est perçu comme *"un qui subjugue tous/tout" ou autre? L'élément final *phazgân malheureusement ne peut pas être interprété, mais il pourrait être une formation agentale (même terminaison -ân que dans [Ar-]Balkumagân *"[King] Faiseur de bateaux"; ici il ne marque apparemment pas un participe passé).
          kêw, kêu ??? Tiré de la base KIW (424).
          khâu, khô "corbeau", pl. kwâwi(m), khôi (426)
          khibil "source", complètement infléchi dans 430.
          KIRIB ??? (415)
          kitabdahê! "touchez-moi!" (de la phrase bâ kitabdahê "ne me touchez pas !" (250) Base *TABAD "toucher" (-tabda-) avec des affixes pronominaux *ki- "vous" et *- "moi"?
          KIW ??? Cf. kêw, kêu. (424)
          kôy, kôi ??? De la base KIW. Cf. KUY (424)
          KUL'B ??? (422) La source de kulub? Des formes variantes et dérivées sont listées dans 422-423.
          KULUB ??? La source de kulub? Des formes variantes et dérivées sont listées dans 425.
          kulub "racines, végétaux comestibles qui sont des racines et pas des fruits" (431), un pluriel collectif non infléchi . Pl. kulbî "racines" d'un certain nombre de racines de plantes.
          (424)
          KUY ??? Cf. kôy, kôi (424)
          lôkhî "tordu" (pl.) (247)
          lômi "nuit" (414), sans connotation maléfique (306) - par opposition à dolgu
          - "avec" (429)
          *magân *"serviteur", isolé de Ar-Balkumagân, q.v.
          manô "esprit" (de *manaw-, *manau), pl. manôi (424, complètement infléchi dans 438)
          mîk "bébé garçon" (427)
          minal "Cieux, ciel" (414), objectif minul dans Minul-Târik "Pilier du Ciel", nom d'une montagne; Quenya Meneltarma (429, 241). Minal-târik signifierait "Pilier Céleste" (429). Cf. aussi Minal-zidar "Equilibre dans le Ciel" (200). (241 donne minil au lieu de minal.)
          mîth "bébé fille, fillette" (427), (437), complètement infléchi dans 438
          miyât "(enfants) jumeaux" (427)
          MIYI "petit" (427)
          -n terminaison subjective pour les noms Communs (aussi -an) (430)
          nadroth "trace derrière", le sillage d'un bateau; d'où nad = "derrière, *dos"? (PM:376)
          NAK- ??? (422). formes variantes et dérivées sont listées dans 422-423.
          NAKH "venir, approcher" (416). Cf. unakkha.
          nâlo "ombre", isolé de agannâlo, q.v.
          *narâk "aigle"? Pl. narîka; cf. batân "route", pl. batîna.
          nardu "soldat" (complètement infléchi dans 438)
          narîka "Les Aigles" (sg. *narâk?) Narîka 'nBâri 'nAdûn "Les Aigles des Seigneurs de l'Ouest" (251)
          naru "homme, mâle" (434, complètement infléchi dans 437, qui donne aussi une forme alternative narû)
          nênud "sur nous" (247)
          nîlo "lune", personnifiée Nîlû (426 - masculin quand elle est personnifiée, sinon neutre). complètement infléchi dans 431.
          NIMIR "briller" (416)
          nimir "Elf" (complètement infléchi dans 436, Pl. normal Nimîr, objectif nimru- dans Nimruzîr, q.v.) Cf. aussi WJ:386: "Par les Dúnedain les Elfes étaient appelés Nimîr (les Beaux)."
          Nimriyê "Nimrian langue [= Elfique]", Quenya ("Avallonien") (414)
          Nimruzîr "Elendil", "Amoureux des Elfes" (247). L'utilisation de l'objectif nimru- pour "Elfe" est surprenant: Comme l'objectif est toujours singulier, ceci devrait signifier "amoureux d'un Elfes particulier" plutôt que "amoureux des Elfes en général". Cf. Gimilnitîr vs. Gimlu-nitîr.


          Nimruzîrim "Amis des Elfes" (PM:151), subjectif pl. de Nimruzîr.
          nîph "fou" (426), aussi nûph (437)
          nithil "fille" (427, complètement infléchi dans 436)
          nitîr "allumeuse", isolé de Gimilnitîr, q.v.
          nûlu "nuit", avec des connotations malfaisantes (306)
          nûph "fou" (437), aussi nîph (426)
          nuphâr "parent", duel nuphrât "père et mère" comme paire(434)
          "de", affixe prépositionnel. Dans Êruvô.
          obroth "couper en avant, fendre", l'eau bouillonnante à la proue d'un bateau (ainsi ob = "devant"?) (PM:376)
          "main" (< *pa3a), pl. pâi (416, 426)
          PA3 forme probable de la base qui produisit , q.v. (416)
          pharaz "or" (426, aussi dans l'Appendice E du SdA ). Cf. Ar-Pharazôn.
          phazân "prince, fils de roi" (436).
          pûh "souffle" (426), complètement infléchi dans 431.
          raba "chien", masculin rabô, féminin rabê "chienne" (434, 437)
          roth "coupure, trace" (d'une racine RUTH; dans nadroth, obroth). Roth était aussi utilisé pour les traces des bateaux sur l'eau et pouvait donc être utilisé pour décrire "l'écume" (PM:376); cf. Rothinzil ci-dessous.
          Rôthinzil "Fleur d'Ecume= Quenya Vingilot, le bateau d'Eärendil (360). Voir inzil. Ecrit Rothinzil dans les paragraphes ouvrant l'Akallabêth et dans PM (ex. à la page 370); cette dernière lecture devrait probablement être préférée.
          rûkh "crier" (426)
          RUTH "balafrer, entailler, sillonner", racine produisant des mots pour labourer, mais "quand ils sont appliqués aux bateaux il se réfère à leur sillage sur l'eau" (PM:376). Voir roth, nadroth, obroth.
          SAPAD ??? (421) Cf. sapda.
          SAPHAD "comprendre " (416) Cf. usaphda.
          saibêth "donner son accord"; saibêth-mâ "avec assentiment" (247)
          sapda ??? (souvent prononcé sabda). Un dérivatif de SAPAD. (421)
          sapthân (p souvent prononcé f) "homme sage, magicien" (421)
          satta "deux" (428)
          sûla "trompette" (419)
          sulum "mât" (419) (expliqué par un parent du Quenya tyulma, dérivé ici de l'Elfique Primitif *kyulumâ, rendant évidemment obsolète la reconstruction antérieure *tyulmâ dans les Etymologies [LR:395])
          tâidô "autrefois" (247)
          TAL(A) ??? aussi dans la forme ATLA. (418)
          tamar "forgeron" (complètement infléchi dans 436)
          târik "pilier", dans Minul-târik "Pilier du Ciel" (429). Duel târikat (430).
          thâni anAmân, thâni n'Amân "Pays d'Aman" (435). aussi Amatthâni.
          ugru "ombre", ugru-dalad "sous [l'] Ombre" (247; cf. 306). verbe ugrudâ- "ombrager, assombrir" (439)
          ukallaba "tomba" (sg. verbe) (429)
          Ulbar nom masculin (UT:195)
          -un terminaison subjective pour des noms masculins (430)
          unakkha "il vint", forme de NAKH (247)
          ûrê "soleil", personnifié Ûrî (426 - féminin quand il est personnifié, sinon neutre); ûriyat "soleil et lune" (428; en réalité Ûri + la terminaison duelle, la "lune" étant sous-entendue); ûrinîl(uw)at "soleil et lune" (un composé de Ûri etNîlu "Soleil" et "Lune" + la terminaison duelle), ûriyat nîlo un autre moyen d'exprimer "soleil et lune", avec la terminaison duelle ajoutés au premier et le dernier suivant au singulier.
          urîd "les montagnes" (251). Sg. *urud?
          *urud "montagne", pl. urîd (251). Cf. huzun "oreille", pl. huzîn (430)
          urug "ours" (426), urgî "ourse (femmelle)" (435)
          uruk "goblin, orc" (complètement infléchi dans 436)
          usaphda "il comprit" (420), de SAPHAD. Moins communément prononcé usaptha.
          yakalubîm "s'effondra", pl. (251) évidemment une forme de KALAB "s'effondrer".
          yanâkhim "sont à portée de main, *approcher" (SD:251). évidemment une forme de NAKH "venir, approcher".
          Yôzâyan "Pays du Don", un nom de Númenor (Quenya Andor). (Dans 241, 247, cf. UT:184). Incorpore zâyan (so *= "cadeau"?)
          yurahtam "cassa", pl. (247)
          zabathân "humilier" (247)
          zadan "maison", complètement infléchi dans 430.
          zâin "pays", pl. de zâyin. De *zâyîn; dans azra-zâin.
          zâira "envie, nostalgie" (247), zaira, zâir dans 423.
          Zamîn nom féminin (UT:194)
          zâyan "pays" (423), pl. zâin. Dans Yôzâyan, q.v.
          - "à" (429)
          zigûr "magicien" (complètement infléchi dans 437). subjectif Zigûrun "le Magicien" dans 247, en référence à Sauron.
          Zimraphel "Míriel", nom féminin . *Zimra semble signifier "joyau"; voir Ar-Zimrathôn. Quenya Míriel peut être interprété "fille du joyau", ainsi l'Adûnaïque *phel = "fille"?
          zini "femelle" (nom) (complètement infléchi dans 437, qui donne aussi une forme alternative zinî)
          ZIR "amour", désir" (423), cf. -zîr "amant" dans Nimruzîr.
          zirân "aimé" (247)
          zôrî "nourrice" (438)